Lettres écrites d'Italie
de retourner dans ton pays ! Fuis ! tu t'es distingué parce que tu as étudié seul et loin du Louvre. Là périssent les talents originaux * ! »
Taillasson' adjure les jeunes paysagistes en ces termes. « Quittez, quittez, vos froides écoles ! Eh ! que sont toutes leurs leçons devant l'amas immense des richesses de la nature. Près de son langage sublime que sont leurs préceptes usés ? »
Pour la moindre vue « peinte au fond d'un bois » Amaury Duval se déclarait prêt à donner tous les paysages du salon de l'an IV. « C'est au sein de Paris que leurs auteurs ont la manie de les peindre. Qu'arrive-t-il ? Faute d'avoir le modèle, ils tâchent d'imiter les images que d'autres en ont faites. Vains efforts ! ces imitations d'imitations sont toujours froides et sans vérité. Là, rien n'est animé, rien ne vit. Dans son Salon de l'an VIII, inséré au Mercure de l'an IX, Esménard exige que les paysagistes soient véridiques. En l'an X, la Revue du Salon de l'année les conjure « d'abandonner toute manière et de s'adonner à l'imitation stricte de la nature ».
De toute part on réclame des images caractérisées. Amaury-Duval veut « des détails vrais, intéressants...; le port, la physionomie des arbres. » L'auteur du Vengeur (1812) entend trouver dans un tableau « le feuille qui distingue chaque espèce^ ». Gault de Saint-Germain impose au paysagiste « l'exacte connaissance du physique des arbres ».
Mieux encore. Le peintre est pressé d'étudier et de traduire les effets de lumière ! Amaury-Duval attend de lui qu'il « fasse reconnaître dans quelle saison, à quelle heure du jour il a voulu représenter sa vue, s'il vente,