I. Id. ibid., p
resque, sont entraînés au loin et le goût de Texotisme va contribuer à développer Torientalisme.
Tant de découvertes fécondes s'entachaient de travers passagers, marque d'une époque. De même que Byron, que René, ces artistes, nourris de leurs propres rêves, étaient étrangers à la société dans laquelle ils vivaient. Un malaise naissait de leur génie même; incompris, ils étaient blessés sans cesse par ignorance, par dédain, par raillerie. D'instinct, ils s'éloignèrent des « plaines déshonorées par le voisinage de nos villes ^ », sentant en la nature solitaire un plus fort appui à leur cœur que parmi ces multitudes où ils n'éveillaient pas un écho. Leur âme blessée opposa la nature à l'homme. Ils peignirent la montagne libre, la forêt solitaire, le recoin abandonné où stagne l'eau sourde des marais. Ils se passionnèrent pour Fontainebleau, si près de Paris et si rebelle à l'action humaine, Fontainebleau dont les arbres noueux et les rochers chaotiques marquaient comme une révolte des choses.
Tandis que Diaz, dans une charmante pochade, qui nous est conservée au Louvre, transpose aux crêtes neigeuses des Pyrénées la symphonie en blanc majeur, Rousseau « méfiant et solitaire » s'adresse « avec une sorte de volupté aux montagnes les plus sinistres ^ ». Il recherche les « motifs farouches, les points de vue étranges^ ». Bientôt il quitte la montagne pour la forêt et là il découvre « le monde des anciens âges et les régions des tempêtes "^ », les marais , où la vie préhistorique s'unit à l'existence actuelle. Il peint la Descente des caches dans le Jura dont la facture traduit le panthéisme