I. Thoré à Rousseau i844i cité par Sensier, Rousseau, p
Angleterre^ la Vue près de Londres, suscitèrent rentlioiisiasme. Œuvres admirables de pure facture, à l'aspect fatigué, rugueux, inquiet. Cette technique recherchée, savoureuse, plut aux esprits par les préoccupations qu'elle trahissait. Elle était bien l'écho de cette inquiétude moderne qui naissait.
Déjà Bruandet et surtout Georges Michel avaient eu l'intuition du paysage nouveau et tracé des pages dignes d'être offertes en modèle. Mais, ignorés de leurs contemporains, ils furent sur eux sans influence.
Les Romantiques cherchèrent l'harmonie intrinsèque d'un tableau, ils étendaient ce souci jusqu'à se préoccuper de l'effet des couleurs dans le cadre d'or. Pour eux le tableau devait constituer avant tout une belle sensation, une sorte de joyau ; la vérité de l'observation restant secondaire.
Pour un semblable objet, il n'était pas d'excessives recherches. Decamps pratiqua une véritable alchimie, il faisait des mélanges secrets, inventait des procédés pour obtenir cette pâte riche, gluante, savoureuse, dont l'éclat s'est à peine terni. De même Rousseau, dont Sensier nous décrit ainsi l'atelier : « Il était vaste et sévère, c'était plutôt un laboratoire de penseur que le retrait d'un peintre de notre temps. On y respirait un renfermé de vieilles toiles, de vieux papiers, de palettes desséchées, de couleurs en évaporation, d'huiles grasses, de vernis, d'essences, de matières organiques innommées qui communiquait à ce refuge de l'esprit une espèce de terreur bienfaisante. Je me croyais comme chez un Faust de Dieu \ »
Ce cuisinage des couleurs, c'est le vocabulaire précieux que se crée chaque peintre pour s'exprimer, car