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Le Faubourg Poissonnière en 183i, au musée Carnavalet

3. Halte d'artistes lyonnais au musée de Lyon sous le n" Î78.

Hollandais, la mode provincialiste furent des agents plus efficaces.

L'influence des Hollandais fut à la fois puissante et restreinte ; la largeur de leur conception eût pu servir de modèle aux peintres si elle n'avait eu pour moyen d'expression un métier trop serré. A les suivre exactement, on s'engageait dans une impasse. Cabat, qui dans V Etang de Ville-d' Avray s'est rappelé de trop près le Buisson de Ruysdaël a fait une œuvre d'allure décevante. Son tableau apparaît archaïque; la langue du xvii'' siècle qu'il s'est appliqué à parler ne convient plus à la complexité des sentiments de notre âffe.

L'écart était décidément trop profond entre le génie hollandais du xvii" siècle et le nôtre, et il ne faut pas s'exagérer l'importance de leur intervention. Fromentin, qui a étudié ce point d'histoire délicat leur a fait une trop belle part.

Si l'exemple de Ruysdaël a pu être fécond pour la libération du paysage, c'est seulement à titre d'excitation. Au contact des maîtres, les peintres ont rejeté les formules factices, et senti le prix de l'absolue sincérité. Mais ils ne pouvaient rendre à leur cœur la simplicité et la santé et, pour exprimer une mentalité enrichie et maladive, il leur fallut user d'une langue nouvelle.

Vers la fin de la Restauration , un désir nouveau vient seconder le mouvement réaliste naissant, désir de connaître la France. A cette époque le baron Taylor demande à des artistes tels que Bonington, Isabey, d'illustrer les recueils d'un Voyage pittoresque en France. Les planches de ces artistes témoignent d'une recherche du singulier, de l'exceptionnel qui précède le pur réalisme.

Quelques peintres se cantonnent volontiers dans un coin de terre, se spécialisent dans la peinture savou-

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reuse d'une province, soit que le paysage, les hommes, les bêtes, tentent plus spécialement, par leur ligne, leur costume, leur galbe, le tempérament du peintre.

La Bretagne que chante Brizeux est célébrée par les frères Leleux. Braconniers bretons^ bûcherons bas-bretons^ Rendez-vous de Paysans bas-bretons font sensation aux Salons de 1839, 1840, 1841. Hédouin grave les œuvres des deux frères. Et c'est en leur honneur que l'épithète de réaliste est tout d'abord mise en circulation : « Les Lereux sont toujours des réalistes de premier ordre », dit Arsène Houssaye, dans Y Artiste en 1846. En i844 et 1845 paraissent, coup sur coup, quatre ouvrages illustrés consacrés à la Bretagne.

Fiers peint la Normandie et Louis Leroy y trouve des sujets d'eau-forte. Jules Dupré voit d'un œil curieux les Berrichons. Loubon décrit la région pyrénéenne.

Les animaliers comme Brascassat, Rosa Bonheur, pénètrent dans les villages. Secs encore, Troyon élargira leur manière sans entrer cependant davantage dans l'intimité de la nature.

Leleux va jusqu'à peindre un porcher et Gautier s'indigne contre une œuvre « qui annonce un grand talent à peindre des cochons. Pourquoi, ajoute-t-il, n'a-t-ilpas fait de son porcher un enfant prodigue gardant les pourceaux, c'était un moyen de donner de l'importance à sa composition ^ ».

La gravure, l'eau-forte renaissent pour mieux seconder la multiplicité des études ; la lithographie dans son éclat offre un fdon nouveau au réalisme et la photographie, à peine découverte, offre déjà ses suggestions et son concours.

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