‹ Histoire du paysage en FranceChapitre 50 sur 59 · I. Henriet Daubigny, p · texte numérisé non relu

I. Henriet Daubigny, p

C'est une époque féconde que celle où tant d'idées ont pu naître et croître. La collection Thomy-Thiéry, la Gentennale de 1900 en ont dégagé la physionomie admirable ; période étrange et vivante, où dans une floraison touffue, s'est épanoui le génie français.

Les contemporains devinaient cette grandeur qu'ils ne pouvaient embrasser tout entière. Ils attribuaient volontiers, parmi les peintres, la première place aux paysagistes et, sans doute, ils avaient raison. Sous leurs yeux, les paysagistes enfantaient à l'envi des chefs-d'œuvre ; d'un geste puissant, ils montraient la voie où devait s'engager l'avenir. Précurseurs d'un art décoratif nouveau, de l'impressionnisme et du réalisme, ils réveillaient peu à peu les esprits engourdis dans les rêves romantiques et classiques.

Tandis qu'ils disaient les émotions dont les enivrait la nature, ils libéraient l'art attardé aux formules anciennes, et préparaient la société nouvelle à se dégager des mirages, à se chanter elle-même; prophètes clairvoyants, parce qu'ils furent sincères et qu'ils aimèrent avec passion la vie.

JEAN-FRANGOIS MILLET^

Les origines. — Le paysan au xix® siècle, — Enfance de J.-F. Millet. — Les débuts : Cherbourg, Paris. — Premières œuvres. — 1848. — Installation à Barbizon, influence du milieu. — Les œuvres. — Méthode de travail. — Opinions des critiques. — Répliques de Millet : ses œuvres commentées par lui-même. — Dernières productions. — Bibliographie sommaire.

En art, comme en littérature, il est assez rare de constater un équilibre parfait entre un homme et son œuvre. Quand, par fortune, la chose se produit ; quand un cerveau supérieurement organisé parvient à réaliser intégralement ses aspirations, il y a fête pour Thumanité. Une expression nouvelle de beauté, de bonté et de vérité est trouvée. Qu'importe si les contemporains étonnés, déroutés, ne comprennent pas ; d'autres générations viennent qui applaudissent et remercient!

Le peintre Jean-François iMillet est un de ces êtres exquisement doués. Issu d'une famille de cultivateurs dont il partagea un certain temps le labeur, il a exprimé avec force les aspirations dont il était le dépositaire. Les travaux des terriens, leurs angoisses, leurs joies sont magnifiées par ce peintre qui a élevé au sublime ce qu'il avait vu et ce qu'il avait ressenti. Gomme l'a très heureu-

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