‹ Histoire du peuple américain. États-UnisChapitre 100 sur 130 · PROSPÉRITÉ · texte numérisé non relu

PROSPÉRITÉ

l'organisation de la milice, la confection de quelques roules, l'èrccliond'un phare, le régime de Tesclavage, etc.

La bonne harmonie ne régna pas longtemps entre le gouverneur et l'assemblée, soit que l'un prétendit exercer une sorte d'omnipotence, soit que l'autre ayant l'appui d'une population assez nombreuse, voulût peser de tout son poids sur les résolutions essentielles. La population déjà en 1757, s'élevait à 6,000 ûmes et prometlait de grandir rapidement. On ne pouvait suivre avec elle les errements du passé, c'est ce que ne parut pas suffisamment comprendre le gouverneur Reynolds. L'Angleterre sentant l'utilité d'une entente complète entre tous les pouvoirs dans une colonie exposée comme l'était la Géorgie, remplaça Reynolds par Henry Ellis. On se mît promptement d'accord, et l'assemblée, en vue d'une guerre possible, vola les sommes qui lui furent démandées pour l'érection de plusieurs forts destinés à protéger les plantations existantes. Le nouveau gouverneur entra en négociation avec les Espagnols de la Floride, et avec les Creeks dont l'attitude donnait quelques sujets d'inquiéfudc: les négocialions furent longues et laborieuses avec cette tribu, mais finalement elles aboutirent a un arrangement qui donna salisfyclion aux Indiens, et permit de compter sur leur amitié (1757).

Hecllon III

pnosFiRiiÉ. — coMHBSCE, — iiEi.[Gio:(. — ihstrcctioh publique.

Une des circonstances qui contribuèrent le plus à la sécurité delà Géorgie, fut le traité de Parisde 1763, aux termes duquel l'Espagne céda à l'Angleterre la Floride, en échange de l'Ile de Cuba, en même -temps que la France abandonna à celle dernière puissance tout le territoire situé à l'Est de Mis- Bissipi. On fit ainsi disparaître tout d'un coup les plus grands sujets d'alarmes qu'ait eus la Géorgie depuis sa foodalion, et

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58i GÉORGIE.

l'on peut dire que ce fui pour clic un coup de fortune. Aussitôt qu'en Angleterre cet événement lut connu, â unedéfiance légitime succéda un abandon sans réserve. Les émigranls d'Europe arrivèrent en toute hâte et firent main basse sur les meilleures terres ; les défrichements s'opérèrent avec une activité fébrile qui semblait dire qu'on était pressé de regagner un temps précieux dissipé en efforts stériles.

Le crédit au lieu d'être sollicité par les habitants, vint s'offrira eux. Les marchands anglais approvisionnèrent abondamment le marché d'esclaves noirs, et les nianuFactures de la métropole s'emparèrent de ce débouché fructueux.

L'agriculture prit un rapide essor ; les résultais furent si abondants, qu'on vit des planteurs de la Caroline du Sud abandonner leurs terres pour en acheter d'autres en Géorgie. On varia les cultures : le riz et l'indigo firent concurrence aux produits similaires de la colonie voisine ; le blé maïs ne fut pas négligé. Un des objets qui attirèrent le plus l'allenlion fui l'élève du ver à soie et la fabrication de ce produit. Les Allemands ne furent pas les moins attentifs à celte brandie de la fortune pubhque, et quoique les commencements aient été pénibles et non exempts de mécomples, la produclion de la soie alla progressant. Quant à la fabrication, on fit venir exprès du Piémont un homme habile dans cette branche, et qui l'enseigna aux habitants. Cependant cette industrie ne se serait pas maintenue quelque temps, sans les primes d'encouragement accordées par le Parlement, car l'expérience démontra que le climat était sujet à trop d'inégalités pour assurer un succès continu. Dun autre côté, après une courte expérience et sur de trompeurs indices, le gouvernement anglais supposant que le moment était venu de diminuer ses sacrifices, réduisit graduellement la prime; dès lors, cette industrie eut un déclin rapide qu'on trouve atlesté par un message du gouverneur Wright à la chambre des délégués en 1774. Il parait néanmoins, que loin de la cùle, les iiicon-

RELICIOS ET INSTHICTION. 585

ïénieuls du climat élaieni moins sensibles, mais la maind'œuvre inlelllgente récîamanl des salaires élevés, le profit disparaissait, et avec lui l'aiguillon de la production. Tel fut le résultat auquel aboutirent en Géorgie et dans la Caroline, toutes les sommes dépensées par le Parlement pour se procurer dans ses propres possessions cette riche branche d'industrie et de commerce'. Les forêts fournissaientd'excellenls matériaux pour la marine anglaise, onles fit largemen contribuer aux demandes de l'Angleterre, en concurrence avec celles de la Caroline du Sud. En un mot, le génie des habitants stimulé par la richesse du sol et par le commerce Étranger, sut habilement tirer parti de toutes les ressources que la nalure'avait placées sous sa main. On pourra se faire une idée des résultats acquis, par le chilîrc des exportations, tel qu'il a été constaté pour 1 763. On trouve en effet dans les documents officiels, que celte annéo-là, la Géorgie exporta pour 27,021 liv. st. de ses produits, dont 7,500 barils de riz, 9,635 livres d'indigo et 1,250 boisseaux de b!é maïs, sans compter le bois propre aux constructions navales, et les fourrures. Quoique ce progrés fût déjà grand, dix ans après ri avait quintuplé, et la valeur des exportations présentait un chiffre total de 121 ,677 liv. st.

II semble que l'état longtemps précaire de la colonie, et le soudain essor donné à sa fortune aient ahsoibéles esprits, et ne leur ait pDS laissé le temps nécessaire pour mûrir les institutions avant la révolution qui amena l'indépendance, car les historiens ne fournissent aucune trace d'actes importants dans l'ordre civil ou politique dont pourraient s'honorer les annales de la Géorgie.

La religion et l'instrucf ion publique ne furentpas négligées, dans la mesure où pouvaient le permettre les circonstances. A h Géorgie se rattachent trois noms qui eurent une certaine

' Voir Sitk aUture in Georgia, by William Slevem, p. 391 et suiv. — lu Biographiad tnemoriah ofJ. Ogtethorpe, by T. H. Marris.

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influence dans œs inalières, et qu'on ne peut point passer sous silence : je veux parler de John Wesley qui depuis, fut le fondateur du Méttiodisme ; Charles Wesley son frère, et George Whttelield que nous avons vu prendre une pari si active dans les revivais de la Nouvelle-Anglelerre.

John Wesley résolut de très-bonne heure, de se diriger vers la Géorgie, non pas précisémeni pour exercer son ministère parmi lesblancs, mais dans la vue de christianiser les Indiens. Cependant l'absence complète de pasteurs dans ce pays neuf l'engagea à consacrer ses soins au petit troupeau qui les réclamait avec instance, sans abandonner pour cela son projet primitif. Mais déjà l'ardeur de son ïèle l'entraînait trop loin, et l'on pouvait entrevoir le novateur dans maintes circonstances. 11 ne voulait administrer le baptême que par immersion ; il n'admettait comme panains que ceux qui pratiquaient la communion; quelque dissident se présentait-il pour recevoir ce sacrement! il le repoussait tant qu'il ne s'était pas soumis à un deuxième baptême ; sa prédication sortant des limites qu'il aurait Au s'imposer, traitait des affaires publiques ; il s'abandonnait à des personnalités blessantes, et il s'aliéna graduellement l'esprit des habitants jusqu'au point d'élremisen jugement pour diffamation. Le jury n'ayant pu se mettre d'accord, il fut renvoyé de l'accusation ; mais il comprit que le temps était venu de s'éloigner et il partit pour ne plus revoir ce pays. Dans ces circonstances, il ne put réaliser tout le bien qu'on espérait de lui; toutefois il avait ouvert la voie, et d'autres le suivii'ent avec plus de succès '. Son frère Charles ne réussit guère mieux, et tous deux montrèrent, que s'ils avaient l'inlelligence de la Bible, ils manquaient de celle connaissance des hommes sans laquelle te meilleur enseignement reste toujours infructueux.

Les frères Moraves beaucoup plus simples cl opérant, H

• Life ofWetley, by liobtrl Soulhey, i" vol., p. 108.

WaiTEFlELD. 587

faut le dire, sur une meilleure populalion, obtinrent de Ircsbons résultais.

Quant à Wtiitefield qui fut appelé par John Wesley, si l'on excepte l'établissement dont je vais parler, il ne paraît pas avoir eu dans ce pays non plus que dans la Caroline, le succès d'effervescence religieuse dont il fut si fier dans la Nouvelle-Angleterre. Le terrain n'était point préparé pour cela, et la nature de la population principalement à Savannah, se prêtait mal- à ses entraînements de parole. Mais s'il n'allé!gnit son but qu'imparfaitement, i! voulut laisser dans celle ville une trace durable de sa sollicitude pour la classe indigente où il désirait créer d'utiles citoyens. Après avoir recueilli dans ce but de nombreuses offrandes en Angleterre, il obtint du gouvernement la concession d'un terrain sur lequel il construisit en 1742, un grand bâtiment destiné ù recevoir les enfants pauvres auxquels devaient être donnés tous les soins spirituels et temporels. Mais en homme peu expérimenlé, il fit sa construction en bois, et il la plaça sur un sol tout à fait inferlile, près de marais malsains, el dans des conditionspeu propres à forlifier de jeunes natures qui réclament surtout un air vif et pur. Celle création ne fui pas cependant sans quelques bons résultats, mais elle dura peu, et trente ans après, le bâtiment fut la proie des flammes et disparut presque entièrement, sans que depuis, personne ait songé à le reconstruire *; preuve assez certaine qu'il ne répondait pas à un besoin réel. Il est juste do dire que Whitefield n'eut pas l'initiative de celle pensée lutélaire: elle lui fut inspirée par la vue dune fondation de cette nalure qui eïistait dans la partie allemande de la colonie, el qui bien dirigée, rendait de trèsbons serxices.

Quant aux écoles publiques, il en existait dans quelques centres seulement, mais sans système préconçu, et dansuno

• ûirroll, i"ïul..p. 407.

DotzecbïGoOgIC

su GÉORGIE.

mesure três-restreinle. La colonie resta (rop longtemps pauvre, et exposée à trop d'attaques, pour espérer mieux pendant la plus grande partie de la période coloniale *.

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