CHAPITRE XXIIl RAPPORTS DE LA GÉORGIE AVEC LES IISDIEEltS
La Géorgie fut longtemps un établissement militaire anglais a\ant d'être une colonie agricole et commerciale proprement dite. Ses luttes avec les Indiens n'étaient point le résultat de ses rapports de voisinage comme on l'a vu pour les autres colonies. Elle ne faisait que recevoir Je contre-coup des guerres provoquées ou soutenues par l'Angleterre et la Caroline du Sud . Il n'y a donc pas lieu d'en parler ici .
Mais il convient de dire que John Wesley fit quelques efforts pour répandre parmi les indigènes les lumières du christianisme. Il essaya ses premières démarches quand Tomo Chichi l'un des chefs indiens qu'on avait conduits en Angleterre pour éveiller en eus le désir de la civilisation, fut de retour dans sa tribu. A cette époque, les trois puissances qui entouraient ces peuplades et cherchaientàse les attacher, suivaient des voies religieuses dilTérentes. Le prosélytisme tenté par chacune se présentait sous des aspects variés, et jetait les Indiens dans la confusion. Lorsque ce chef fut invité à se convertir au christianisme, il répondit que les Français d'un côté, les Espagnols de l'autre, et de plus, tes marchands de fourrures leur tenaient chacun un langage opposé et leur créaient une grande perplexité, tellement que les gens de sa
* Slalislict of ihe State ef Georgia, by G. Wkite, p. 67.
.i:,Goog[c
tribu ne voulaient plus rien entendre et se fermaient les oreilles. Il ajouta cependant qu'il en conférerait avec d'autres chefs, et que peut-être bientôt viendraient-ils tous à Wesley ; mais que jamais ils ne demanderaient le baptême qu'après avoir très-bien compris l'enseignement qui leur serait donné, et qu'ils auraient la conviction que la conduite de leurs éducateurs élait conforme à leurs maximes. Wesley chercha à entrer en matière avec ce chef, mais enveloppant sa pensée d'une phraséologie biblique tout à fait inintelligible, il prenait la meilleure voie pour inspirer des soupçons à ces natures primitives pour lesquelles le langage le plus simple était lepluspcrsuasif. Une autre conférence eut lieu entre eux quelque temps api'ës; mais dans l'intervalle qui séparait ces deux réunions, le chef indien s'étant livré à quelques investigations qui appelèrent ses réflexions, il exprima cette fois un refus formel, en disant qu'il avait remarqué des chrétiens ivres, d'autres se battant, d'autres encore faisant de grossiers mensonges, et qu'ainsi rien no le portait à devenir chrétien'. Pour ces sauvages, le précepte n'avait aucune valeur sans la pratique: à leurs yeux, ce n'était plus qu'une déception et un piège. C'est le même raisonnement que tenaient partout les Indiens qu'on voulait christianiser, c'est celui qui faisaitdire par l'un d'eux, dans la Nouvelle-Angleterre : «Prouvez-nous que votre religion vous rend meilleurs que nous, et alors nous l'embrasserons I» Les blancs n'ayant pu faire cette preuve en Géorgie pas plus qu'ailleurs, n'eurent jamais d'in- (luencc sérieuse sur la race indienne ; et l'on peut affirmer aujourd'hui que si elle ne s'est point élevée a la civilisation, ce n'est la faute ni de son intelligence ni de sa condescendance. La race blanche seule en est coupable, car par sa convoitise et son œuvre de destruction, elle a montré aux Indiens dans maintes circonstances et partout en Amérique, que pour elle les principes se suballernisaient aux intérêts. • llarnx, p. t(J3 et suiv.
D.nt.zedbïG00^1c