CHAPITRE PREMIER
BAPFORTS DES COLORIES AVEC L'ANGLETERRE
Dans le cours de celte histoire, j'ai déjà signalé de nombreux rapports établis entre les colonies et la métropole. Ils avaient souvent un caractère individuel pluldt encore qu'un but général, et ils se rattachaient à des circonstances particulières. Mais plus on s'avance, mieux se dessine l'attitude systématique de l'Angleterre, et plus on voit de quel poids elle pèse sur ses colonies, combien elle entrave leur marche, el à quelles extrémités celles-ci seront réduites pour renverser un joifg aussi insupportable à leur honneur qu'à leur fortune. Ces rapports peuvent s'envisager sous trois aspects différents : rau point de vue politique; 2° en ce qui concerne les guerres dans lesquelles ces provinces se sont trouvées jetées avec lEspagnc el la France, comme contre-coup des luttes d'influence qui prirent naissance en Europe entre ces puissances
393 H.APPOHTS DKS COLO.MES AVEC L'ANGLETERRE, et l'Angleterre ; 5' enfin eu égard aux mesures prohibitives et fiscales qui frappèreot le commerce et l'industrie des provinces américaines pendant près d'un siècle et demi, sans aucun espoir d'un meilleur avenir. Je vais parcdùrir ces Irais oiflres d'idées, pour bien mettre en lumière une partie fort intéressante de leur iiistmre d'où est sortie leur indépendance comme grande nation.
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On a vu que les colonies avaient été organisées avec des Termes de gouveniemml variées, sans système arrêté. Le hasard entra pour beaucoup dans les combinaisons premières : la réflexion ne vint qu'ensuite pour les assortir plus ou moins heureusement aux besoins des populations. La cSiarle de la Virginie, absolue dans ses termes, se ressent de l'époque h laquelle elle fut octrojée {l(î06}. Jacques 1" snccesseur de l'omnipotente Elisabeth, ne voyait dans les entre* prises lointaines que des affaires de commerce, surtout la récolte de l'or; il ne pouvait se douter qu'au lieu de quelques huttes de pêcheurs, il posait la première pierre d'un grand empire.
Lorsque vers 1620, les Puritains exilés à Leyde demandèrent l'agrément de cesouverain pour émigrer en Amérique, il le donna, toujours en vue de la pèche, mais sans vouloir accorder de charte, tant il portait de haine h cette secte.
En 1630, des Anglais dont les principes religieux étaient encore très-indécis, sollicitent une charte pour une entreprise analogue ; elle est consentie en vue des garanties qu'offre le caractère des concessionnaires. C'est Londres qui est le siège des opérations, et il n'y est nullement question de colonisation agricole ou autre. Cependant après quelque temps, les intéressés dont les vues se modifient, songent h fonder