INSTITUTIONS CIVILES ET CRIMINELLES
l'esprit public et à initier aux vérités religieuses. Mais dans un pays de privilège comme l'était la Nouvelle-Angleterre, ces deux créations devaient êlre dès l'abord, l'objet d'une sorte de monopole. En effet les freemen seulement furent appelés à participer aux affaires de la commune; et il était défendu aux professeurs et maîtres d'école de rien enseigner qui pût nuire aux croyances de la secle puritaine. .■
Quoique faussées dans la pratique, ces deux institutions n'en étaient pas moins précieuses, car le temps ne pouvait que les fortifier en les dégageant de ces premières entraves, et leur faire produire finalement des résultats très-utiles à la diose publique.
Les autres colonies ne suivirent que de loin cet exemple : il est même juste de dire qu'à part cerlaities exceptions, les écoles, en tant que système d'éducation populaire, ne s'établirent sérieusement et avec extension qu'après la révolution américaine.
La Pensylvanie et aussi le New-Jersey-Ouest peuvent revendiquer l'honneur d'avoir introduit les premiers,, dans les lois criminelles, une réforme radicale inspirée par le véritable esprit du christianisme qui, tout en admettant le châtiment du coupable, laisse la porte ouverte au repentir. Mais tant est grande la puissante des habitudes acquises, que les Quakers de Pensylvanie alors tout-puissants dans cette province, rétrogradèrent jusqu'au»' lois criminelles anglaises, après la mort de Penn , Toutefois ie jalon était posé, et après s'être écarté delà voie tracée par cet homme généreux, le peuple revint plus tard, non pas entièrement mais en partie, à l'idée mère qui avait présidé aux lois originaires. Après ce que j'ai dit de la supériorité de Penn sur le peuple de ces deux colonies, les vicissitudes du nouveau plan n'ont pu tenir qu'à des circonstances tout à fait étrangères, inutiles à rappeler ici.
Si les sectes occupèrent une place si importante dans