EXAMEN COMVABATIF DES COLONIES
l'établissement et le functionnement des institutions, il convient de se rendre compte de la part prise par chacune d'elles aux idées qui préparèrent l'indépendance. Les Anglicans appartenant à un régime ecclésiastique épiscopal qui les rattachait à l'Angleterre pour la nomination de leurs ministres, et pour la direction à donner au culte, étaient généralement plus portés pour la cause royale que contraires à son succès. Leurs ministres pouvaient contribuer à entretenir ces sentiments, car ils relevaient immédiatement de l'évoque de Londres, et recevaient des gouverneurs royaux un appui qui n'était pas indifférent dans un pays où se discutaient sans cesse tous les traitements. Cependant j'ai montré que beaucoup de ces ministres envoyés d'Angleterre étaient loin de réunir les conditions de savoir et de moralité nécessaires pour commander le respect et la confiance. Mais si certains d'entre eux manquaient d'influence, plus ils s'éloignaient du peuple, plus on devait les compter dans les rangs des royalistes.
Les Puritains étaient généralement gens d'opposition : leur foyer principal se trouvant dans la Nouvelle-Angleterre pays de grand commerce, ils souifraient plus que d'autres de ta tyrannie de l'Angleterre; et n'eussent-ils point appartenu à cette secte, leur résistance ne se serait pas montrée moins opiniâtre sans doute , car on les attaquait jusque dans les sources vives de leur fortune.
Les Quakers ne ressentaient pas moins vivement l'injustice, mais les principes de leur secte préféraient la force d'inertie à l'action ; et autant qu'il dépendait d'eux, temporiser entrait bien plus dans leurs vues, que se jeter dans un mouvement précipité où le sang pouvait être versé à flots d'une manière irréparable.
Les Catholiques trop opprimés n'avaient point voix dans les délibérations; mais tout changement devait leur être profitable, car on avait épuisé envers eux tout ce que l'esprit