PROTESTANTISME ET POLITIQUE. S
Il ne suffit point h M. Labonlaye d'avancer des théories hasardées, il veut les justifier par des exemples, maïs le est sa grande làiblesse, car ceux qu'il cite en toute rencontre, sont généralement ou défectueux ou complètement erronés. La réflexion que je vais transcrire, ne le cède en rien sous ce rapport, h celles que j'ai déjà réfutées. « B est remarquable, dit-il (p. 247) à ses auditeurs, que toutes les grandes monarchies modernes ont été catholiques, et que toutes les républiques qui se sont établies : la Hollande, la Suisse, l'Amérique, appartenaient surtout aux opinions calvinistes, h
Je pourrais repousser moi-même ces assertions qui ne supportent pas l'examen, mais je vais faire acte decourtoiâie envers M. Laboulaye, en lui donnaut pour contradicteur un grand homme dont il ne récusera pas le témoignage. Chateaubriand, dans la remarquable prélace de ses études historiques (p. 133), voulant repousser une proposition identique à celle posée ci-dessus et consistant à dire que le protestantisme s'était montré favorable à la liberté politique, et avait émancipé les nations, s'exprime ainsi :
1 Jetez les yeux sur le nord de l'Europe, dans les pays où la réformation est née, où elle s'est maintenue, vous verrez partout l'unique volonté du maître : la Suède, la Prusse, la Saxe sont restée sous la monarchie absolue ; le Danemark est devenu un despotisme légal. Le protestantisme échoua dans les pays républicains : il ne put envahir Gènes, et à peine obtint-il à Venise et à Ferrareune petite église secrète qui tomba... En Suisse, il ne réussit que dans les cantons aristocratiques analogues à sa nature, et encore avec une grande effusion de sang. Les cantons populaires ou démocratiques Schwitz, Uri et Underwald, berceau de la liberté helvétique, le repoussèrent. En Angleterre, il n'a point été le véhicule de la constitution formée avant le seizième siècle dans le giron de la foi catholique. Quand la Grande-Bretagne se sépara de la cour de Rome, le Pariemcnt avait déjà jugé et déposé des rois, ces
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