‹ Histoire du peuple américain. États-UnisChapitre 111 sur 130 · EXAMEN COMPARATIF DES COLONIES · texte numérisé non relu

EXAMEN COMPARATIF DES COLONIES

cette secte lussent égalitaines, coniment n'aurait-elle pas conquis toutes les populations américaines après la révolution de 1776, et même auparavant? En suivant l'idée de ce f»*!}fessfiur qui veut que là religion et la politique marchent du même pas, et d'après des règles identiques, il faudrait supposer que le peuple amcricain a reculé dans la voie démocra-: tique, puisqu'il s'est éloigné de la socte qui s'identifiait le mieux avec cette forme de gouvernement l Cette nation serait vraiment triis-surprise de lire tout ce qu'on écrit d'étrange sur sa religion, son gouvernement, ses mœurs, ses lois ! Hais ne nous arrêtons pas davantage à ces singularités.

Ajoutons que les Catholiques qui étaiejit proscrits presque partout, y forment 'maintenant un groupe considérable qu'on évalue de trois à quatre millions, et sont répartis dans chaque État mais surtout à l'Ouest.

Les Quakers se sont amoindris comme nombre, mais ncm comme considération.

Quant aux fiaptistes qui étaient très-raodesfes à l'époque de la révolution, et aux Méthodistes qu'on connaissait à peine, ce sont eux qui aujourd'hui, moissonnent le plus amplement dans le champ dès-conversions.

Quoique les colonies eussent établi entre elles des rapports de commerce, aucune loi politique ne les reliait l'une à l'autre. J'en excepte cependant la confédération formée entre quelques Provinces de la Nouvelle-Angleterre, dans un but défensif vis-à-vis des Indiens, et encore pour protéger davantage la secte puritaine qui ne se croyait pas suRisammenl gardée contre l'envahissement des autres sectes. L'Angleterre redoutait l'alliance des colonies, elle s'y opposa lorsque Penn en fit un jour la proposition, en vue de mieux organiser la défense contre une invasion, et pour rendre plus prompts el plus faciles les rapports avec la mère patrie sur tous les points concernant ces possessions. Mais celle-ci se garda bien de donner un corps plus compacte à la résistance : elle préféra

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les communications individuelles, et il ne.fellut rien moins que l'excès de tyranoie dont elle se rendit coupable, pour provoquer cette entente 4es opprimés qui devait finalement roippce tous-les liens avec elle. Ainsi quand l'union se formait d'un côté, elle se détruisait de l'autre. C'est bien là ce que les esprits prévoyants avaient entrevu depuis longtemps. Dès le dix-septième siècle, chaque colonie avait pris la di^ rection qu'elle a suivje depuis. L'industrie, le commerce, la marine furent plus particulièrement le but d'activité du Nord, surtout de l'Est dont les teires peu fertiles ne donnaient point au travail une suffisante rémunération. Le Sud dont le sol était d'une grande fertilité, pouvait, grâce au climat, fournir des produits très-riches qui attirèrent exclusivement l'attention des habitants. La marine ne joua jamais chez eux qu'un réle secondaire, c'est ce qui les rendit constamment tributaires du Nord pour lairs rapports avec l'étranger. Mais les gens du Sud éprouvèrent maintes fois, combien ils étaient impuissants par eux-mêmes à féconder ta terre, soit à cause du climat qui les énervait, soit à raison des miasmes pestilentiels qui se dégageaient des terres nouvellement défrichées, et surtout des nombreux marécages qu'on rencontrait souvent dans ces contrées. On fit l'essai du nègre qui réussit au delà de toute prévision ; ce fut le point de départ de l'esclavage. L'Angleterre qui se réservait le monopole du commerce, stimula extrêmement les besoins, et après elle, ce furent les colonies ou États du Nord qui s'emparèrent - de cette branche de commerce et lui firent produire des sommes fabuleuses, dans le même moment où ils prêchaient l'abolition de l'esclavage. Jamais les Puritains ne montrèrent une hypocrisie plus persistante, comme s'ils s'étaient imaginés que l'Europe ne s'attacherait qu'au programme, sans leur demander compte aussi de la manière dont ils l'exécutèrent. Le Sud et le Nord mirent donc à pto&l l'esclavage, l'un comme instrument de travail pour les terres ; l'autre,

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comme objet de commerce et article de fret pour sa marine.

La constitution de la propriété, au point de vue successoral qui se rattache intimement aux considérations politiques, ne fut pas la même partout. La Nouvelle-Angleterre sauf Rhode- Island, adopta la loi de Moïse qui établissait le partage égal entre tous les enfants, sauf une double part réservée à l'ainè. Il en fut de même en Pensylvanie. Quant aux autres colonies, elles paraissaient gouvernées sous ce rapport comme sous beaucoup d'autres, par la loi commune d'Angleterre {Commun Ittw) qui consacrait le droit d'aînesse, et éloignait les fiUps, du partage des immeubles. Cependant on a vu que le Maryland avait, dès le commencement du dix-buitième siècle, renoncé au droit de primogènilure. Bhode-Island au contraire s'y soumit, dans un but politique plutôt que par des considérations d'autre nature.

Parmi les fondateurs des colonies on remarque trois hommes qui, imbus de principes philosophiques, voulurent créer des institutions d'après certaines idées préconçues tenant peu de compte des traditions, de l'état peu avancé des esprits, des préjugés et des faiblesses de l'homme. Ces trois hommes étaient Roger Williams, Locke et William Penn,

Roger Williams proclama pour Rhode-Island la liberté absolue en matière religieuse, et une liberté h peu près identique en politique. Il supposait à l'homme assez d'empire sur lui-même pour s'imposer un frein qui rendrait à peu près inutile l'action civile; le petit nombre des habitants lui taisait bien augurer du succès; il vivait dans la plus grande intimité avec les Indiens, et l'Angleterre lui laissait l'absolue direction de cette jeune société. Quarriva-t-il cependant? l'anarchie menaça de la dévorer; et pour la sauver, il fallut recourir au privilège qui supplanta la démocratie.

Locke dont l'esprit était très-systématique se jetg dans une voie tout opposée fi celle de Williams : il créa pour la Caroline la féodalité la plus arriérée et la plus écrasante, tellement

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