MARYLAND
ses terres était de beaucoup insuffisant pour le couvrir de toutes les dépenses que lui avait occasionnées l'élablisscment de la colonie, et de plus, il lui fallait pourvoir à la dépense de cette possession vis-à-vis tant des Indiens que des blancs qui menaçaient la sécurité de tous. Après la rébellion de Ingles et l'attaque de Clayborne, l'Assemblée fut saisie en 1646, d'une demande de subsides pour faire face aux frais nécessités par la répression. On créa d'abord une taie qui bientôt parut trop lourde et que l'on convertit ensuite en un impôt sur tout le tabac à esporter par bâtiments hollandais, à destination d'un port non anglais. Mais cette ressource manqua tout à fait, quand l'acte de navigation attribua aux bâtiments anglais le monopole des exportations des colonies. C'est alors que, moyennant certaines concessions faites par le lord-Propriétaire, la législature consentit à grever d'une taxe de 2 shiil. par tonneau, tout le tabac à exporter. Moitié de ce droit fut affectée aux dépenses de la colonie, et moitié attribuée à lord Baltimore à litre de revenu personnel et particulier. La fixation fréquente de ces allocations fut l'objet de nombreuses discussions qui ne laissaient pas d'entrainer de l'aigreur entre le gouverneur et les colons. Le droit du Propriétaire à ces taxes était souvent mis en question, et l'on comprend que lorsqu'elles s'appliquaient au seul produit de la province, le débat était animé et irritant, car c'est le sort de toute loi fiscale d'avoir besoin de se faire pardonner, miîme quand elle s'applique à des besoins justifiés. Quoi qu'il en soit, il n'apparait point que l'affection des colons pour lord Baltimore en fût notablement altérée, car lors de sa mort qui arriva en 1675, ils payèrent à sa mémoire un juste tribut de regrets. C'est qu'il avait su tempérer par un gouvernement paternel, ce que les institutions avaient encore d'incomplet dans ce premier âge de la colonisation. Â sa mort, la population qu'on évaluait à 16,000 âmes, et qui était pour la majeure partie protestante, se trouvait répartie en dix comtés,