NOUVEAU SYSTÈME PÉNAL
allait être tentée sérieusement pour la première fois, dans une colonie protestante. Le suffrage universel avait ses dangers, avec des élémenfsde population très-divers et surtout inconnus; toutefois la quiétude de la secle qui devait y prédominer, rassurait sur ces conséquences, et la participation de tous à la {réation de l'œuvre commune était, 6 tout prendre, une très-bonne conception. La liberté personnelle, fort appréciée dans ces temps agités, servait de rempart à tous les opprimés. Cependant quoique l'esclavage fut proscrit, la charte, sur ce point, devait rester lettre morte pour les races de couleur. Mais le trait le plus saillant de ces institutions consiste dans un système pénal qui est toute une notiïeauté pour l'époque, et dont l'objet est de viser moins au châtiment du coupable qu'à sa réforme, et à la réparation du préjudice causé. La peine de mort n'est point prononcée une seule fois. Il faut voir dans ces innovations heureuses, comme un reflet de l'esprit pacifique qui régnait dans l'ensemble de la société des Quakers, et qui a trouvé sa formule dans ses lois criminelles. On doit lui faire honneur de cette initiative qu'on a attribuée trop eitclusivement à William Penn. 11 est possible que ce grand homme ail contribué pour une part importante à l'établissement des lois de la colonie, mais les Propriétaires-souverains étaient nombreux, et il n'avait que sa voix dans le conseil. Si la charte de Pensylvaniequiestson œuvre exclusive contient, même avec des perfectionnements, d(9 dispositions analogues, il ne faut pas perdre de vue qu'elle est postérieure de cinq années, à celle de Jersey-Ouest (i(J77- 1682). Ce système au surplus, quel qu'en soit l'auteur, fait époque dans la criminaUté, car aucun réformateur en cette importante matière, ne s'était fait connaître antérieurement. Deccaria et iHontcsquieu n'avaient même point encore vu le jour.
L'idée qui avait présidé à la fondation de la colonie, était gËnéreuse;on voulait établir une société modèle pour des
m NEW-JERSBT-OUEST.
hommes que leurs conviclions exposaient aux persécutions, mais la secte des Quakers n'était pas très-nombreuse; certains d'entre eux aimaient mieux encore le sol de la patrie avec lesdouleurs de l'oppression, tempérées par l'espoir d'un meilleur avenir,, qu'un [>ays lointain, mémo doré des plus beaux rêves. Une émigration collective d'une partie de la secte l'afTaiblirait beaucoup; l'éloignement de celle fraction pouvait engendrer des schismes, c'en était fait dès lors, de ce foyer de convictions qui contribuait au bonheur de tous.Penn et ses coassociés dans l'administralion de la province, jugèrent à propos de calmer ces craintes exagérées, en modérant l'exallation de ceux d'entre eux qui étaient entraînés vers l'Amérique, comme vers la terre promise. Cependant on ne négligea point d'indiquer à tous, les ressources réelles du pays, sans les surfaire et sans les déprécier. Ces indications suffirent, et bienlôt de nombreux achats de terres furent faits par les Quakers anglais, dans la partie Ouest de New- Jersey. On estime que dans l'année 1677, plus de quatre cents d'entre eux vinrent s'y établir avec leurs femmes et leurs enfants. Ces immigrations comprenaient des éléments variés parmi lesquels se distinguaient des hommes de fortune et de réelle considération. A leur exemple, d'autres Quakers ne tardèrent point à aller grossir ce noyau : on acheta de nouvelles terres d'une grande étendue, et il est juste de constater que les Indiens s'y prêtèrent sans difficulté, même avec empressement, comme s'ils espéraient mieux des Quakers, que des autres émigranls d'Europe. C'est alors (1677) que fut fondé Burlington sur la Delaware.
Cette partie de la colonie ne pouvait échapper à la rapacité d'Andros gouverneur de New-York. Lorsque los Propriétaires envoyèrent des commissaires pour administrer ces possessions, celui-ci, exigea d'eux une reconnaissance explicite de la suprématie du duc d'York. Les commissaires dominés par la situation, se soumirent, tout en réservant à leurs mandants
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