‹ Histoire du peuple américain. États-UnisChapitre 34 sur 130 · INTERPRÉTATION DE CHARTE · texte numérisé non relu

INTERPRÉTATION DE CHARTE

l'inliigmlité des droits qu'ils pourraient faire valoir. Fort de cet assentiment mémo conditionnel, Andros prétendit lever iinc tnse dite de navigation sur tous les bitliments qui toucheraient l'un des ports de Jersey-Ouest. Mais les Quakers qui ne pouvaient se soumettre à une prétention de ce genre, résistèrent, et un litige s'entama en Angleterre afin de trancher cette dilïicultc si intéressante pour l'avenir du pays. Des commissaires constitués en tribunal, s'aidèrent de l'avis (l'un jurisconsulte éminent, et sur ses conclusions conformes, ils déboutèrent le duc d'York de ses prétentions, sur le motif entre autres : k que ce prince en faisant sa cession, n'avait rËscrvé ni profit ni juridiction, et qu'un peuple ne pom'ait (Mre taxé que de son consentement.» (1680.) La sentence obligea donc le duc à réitérer la cession prlmllivc de Ncw- Jcrsey, de manière à ne plus laisser de doutes sur sa complète dépossession.

L'indépendance de cette décision montre que quoi qu'on ait dit de ce temps, il y avait encore des âmes assez fermes pour ne céder à aucune considi^ration étrangère au devoir. Cette conduite digne met plus en relief encore l'astuce et la cupidité de l'homme qui, peu après, sous le nomde Jacques II, devait se rendre si odieux en Angleterre !

11 semblait naturel de penser que le duc d'ïork allait investir immédiatement les Propriétaires de New-Jersey-Ouest, de tous les droits que leur reconnaissait la sentence ; les choses ne se passèrent point ainsi. Il leur fit bien la cession territoriale de ce pays, mais en vertu d'une distinction que les juges n'avaient point faite, il octroya à part, à Byllinge, les prérogatives de souveraineté. Cet acte à lui seul, était un mépris flagrant de la sentence qui établissait que le duc d'York n'ayant fait aucune réserve à l'origine, avait cédé tous ses droits sans exception. Dans ce cas alors, Byllinge ayant abandonné tous ses biens à ses créanciers, ceux-ci avaient tout abs"rbè en payement de leurs créances; cor il ne faut pas

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oublier que, dans les idées de cette époque, cliez les peuples d'origine anglaise, celle espèce de souveraineté était vendable comme tout objet de commerce. Cependant quels que furent les motifs déterminants des Quakers, ils se résignèrent à ce déni de justice, espérant déjà par des détours habiles, se soustraire à ce manque de foi.

. Par intérêt pour sa position sans doute, fiyllingc avait été nommé gouverneur de la province Ouest, avant la sentence de 1680. En acceptant ce poste, il préjugeait favorablement le droit de ses créanciers qui le lui avaient donné. Mais ne .pouvant alors quitter l'Angleterre, il délégua ses pouvoirs h un Quaker du nom de Samuel Jennings, homme très-distingué dans la secte. Après la sentence et l'octroi à lui fait par le duc d'ïork du gouvernement de ce pays, Byllingè voulut faire acte d'autorité en révoquant Jennings, mais William Penn proposa un expédient à l'aide duquel on put temporiser, et traiter avec ce nouveau prétendant. En 1688, Byllingè donna une nouvelle charte qui reproduisait sans doute la précédente, et ne lui laissait plus guère qu'une autorité nominale, autant qu'on peut le conjecturer. A sa mort, ses droits quels qu'ils fussent échurent à Daniel Coxe'qui en fil l'acquisition en 1687; et finalement ils devinrent en 1691, la propriété d'une Compagnie entre les mains de laquelle ils js'éteignirent complètement. Mais retournons un peu en ar- Hère pour étudier le mouvement législatif.

L'Angleterre avait fourni tous les habitants dont la colonie était peuplée : la plupart d'entre eux étaient Quakere. Jennings qui se trouvait en 1681, gouverneur nommé tout à la fois par fiyllinge et par l'assemblée, convoqua alors une législature dont la mission devait être surtout de compléter la constitution. Les vicissitudes par lesquelles la colonie avait â^i fiasse rendaient le peuple jaloux de ses droits, et il tenait à les consacrer fermement en renfermant chaque pouvoir dans d'étroites limites. C'est aloi-s qu'où déclara, à litre de supplé-

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