HEW-JERSEY-EST
celte première période de l'Est-Jersey. Les aSsfemWtes gé-! nèrales profondément imbues des lois de Moïse qui prodi-. guaienl les cliâtïments les plus cruels, eu égard à l'endurcissèment du peuple en vue duquel elles furent faites, créèrent une longue nomenckture.de délits et de crimes pour lesquels la peine de mort, la mutilation, la flétrissure se ren^. contrent à chaque pas. Le Calvinisme y a fartement marqué son empreinte, el le Massachusetts devait être fier de voir ses traditions si fidèlement observées par ses enfants émigrés.
„ Cette circonstance a .donné lieu à un rapprochement Irés-^ eurieus entre les deux sections de New-Jersey si voisines l'une de l'autre. 11 renferme un grand enseignement. A l'Est,, on vient de le. dire, le fond de la population vient de la Nouvelle- Angleterre, il est esseniiellement puritain.
A l'Ouest, les colons viennent d'Angleterre : tous ou presque tous sont Quakers.
Parmi les premiers, il en est un certain nombre qm, au mépris de la charte où se trouve écrite la liberté de conscience, réclament et obtiennent le privilège de s'organiser lliéocratiquement, c'est-à-dire en faisant dépendre l'obtention du droit de citoyen, de la qualité de membre de l'Église puritaine.
Les seconds au contraire, ne mettent aucune restriction à. la qualité de citoyen, seulement ils repoussent de toute fonction quiconque est catholique, ainsi que tout individu qui ne croit pas à la Trinité, et à l'inspiration divine de la Rible.
T.n matière criminelle, le Puritain de lEst-Jersey ne voit que la vengeance à exercer, sans se préoccuper de l'avenir du coupable. Treize cas de mort sontécrils dans ses lois, et dans ce nombre figurent de simples vols, et le prétendu crime de sorcellerie.
Le Quaker de l'Ouest-Jersey au contraire, ne sépare point
COMPARAISON DES DEUX JERSEÏS. ÏM'
le coupable de la société ; il veut pour elle une légitime satisfaction, mais il tente la régénération de celui qui l'a offensée. L'on a remarqué que pendant les vingt-quatre ans que dura leur gouvernement, on n'a constaté dans leurs provinces aucun des crimes punis de mort chez les Puritains'. Les populations des deux régions ne paraissent point avoir fait à cette époque, beaucoup de progrès dans l'instruction publique, quoique l'Est'Jersey eût rendu en 1603, une loi d'encouragement pour l'établissement d'écoles primaires. Tout peuple qui crée le crime de sorcellerie et lo punit de mort, ne peut prétendre à un degré de civilisation bien élevé, malgré ses écoles. Sous ce rapport encore, il y a un contraste à établir entre ces deux sociétés, et il n'est point à l'avantage des Puritains. Tandis qu'à l'Ouest, le peuple est paisible, affable, religieux et travailleur, étranger à la pauvreté ; à l'Est au contraire, les babitanls quoique travailleurs et religieux aussi, sont d'un caractère turbulent, querelleur, toujours enclin à l'emploi de la force matérielle. C'est ainsi qu'une loi postérieure de quatre années à la présente période, réprouve en termes sévères, les fréquentes collisions qui se produisent dans ce pays, et interdit à tous,' le port de poignards, d'épées et de pistolets'. Quelque part qu'on jette les yeux, soit dans la Nouvelle-Angleterre-, soit^ dans le Maryland protestant, soit dans le New-Jersey, l'esprit puritain est toujours le même, c'est-à-dire enclin à la violence, et prêt à recourir aux moyens extrêmes pour se faire , justice. On n'a point assez distingué chez eux, la fermeté qui consiste à maintenir le droit et à le faire prévaloir avec une grande ténacité, d'avec l'exagération des voies de radressemenl. Ce caractère est tellement persistant, qu'aujourd'hui encore, aux États-Unis, les mesures les plus aceriaes en toutes circonstances, prennent leur origine dans la Nouvelle*
' Gordon, p. 49.
' Smitli's Bhtory of New-Jersey, p. 162.