‹ Histoire du peuple américain. États-UnisChapitre 46 sur 130 · LOIS ORGANIQUES. J · texte numérisé non relu

LOIS ORGANIQUES. J

ouverte au repentir. La peine de mort, chose remarquable pour l'époque! ne fut édictée qu'une Seule fois, pour le cas de meurtre. Mais dans la pensée de la régénération possible du coupable, les prisons n'étaient autres que des ateliers de travail tiestinés à moraliser les détenus '. Tel est le point de départ du système pénitentiaire actuel de la Pensylvanie, 31 connu du monde entier! Je n'entrerai point dans le détail de ce code criminel qui est moins unsjslème qu'une tendance, et qui sera compromis par les Quakers eux-mêmes, comme on le verra plus loin.

Toutefois, on est en droit de faire h cette branche de la législation un grave reproche : les délils et les crimes y sont insuffisamment définis, et la pénalité souvent flottante, laisse au juge un pouvoir discrétionnaire . On peut trouver la raison de ces défectuosités dans le petit nombre de lois existantes, et dans la volonté de tous de repousser le système pénal d'Angleterre auquel, dans le silence des statuts coloniaux, il aurait fallu avoir recours. On le rejetait parce qu'il était empreint d'une rouille de barbarie qui répugnait à l'esprit des institutions nouvelles. Mais la pratique du gouvernement démontre chaque jour, que s'il est des chefs d'empire qui restent en arriére de leurs peuples, il en est d'autres qui les devancent trop, et qui sont condamnés à rétrograder beaucoup de leur point de départ. Telle a été ta destinée de PennI Et pour ne parler ici que de la criminalité, disons qu'en 1684, deux-ans seulement après la publication des lois organiques, l'assemblée générale passa un bill qualifiant de haute trahison passible de la peine de nior(, tout attentat à la vie ou au pouvoir de Penn'! Plus lard en 1718, l'année même de la mort de ce dernier, la législature bouleversa Complètement l'économie du système pénal, en prodiguant la peine de mort, h l'instar des autres colonieSi

' Gordon, p. fi8 et suiv.

'Le même, p. 83.

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180 PENSÏLVANIE ET COMTÉS DELAWAIIE.

Mais on est bcurcus de trouver dans ces lois premières, une disposition relative à k moralisation de la jeunesse, elle est ainsi conçue :

a On devra apprendre à tous les enfants de cette province, parvenus à l'dge de douze ans, un métier ou une industrie utile, afin d'empêcher la paresse, comme aussi pour faire que le pauvre puisse vivre de son travail, et que le riche, s'il devenait pauvre, ne manquât de rien '. »

Cette législation première était une sorte d^ compromis sur la charte donnée par Penn, et à laquelle les colons n'avaient point concouru. Pouvait-on compter sur sa durée? Non. Car l'expérience ne se fail que lentement, et plusieurs circonstances menaçaient de peser sur la colonie et de détruire l'équilibre cherché par Pcnn, avec tantdesoUicilude. II semblait qu'il en eût conscience quand il stipulait dans sa charte par un article final (59), qu'il ne pourrait y être fait aucun changement, que de son consenlement ou de celui de ses héritiers après lui, etde l'aveu des six septièmes des /"reemen réunis en conseil et en assemblée générale. Mais que peut la volonté d'un homme contre les tendances des sociétés? Penn allait lui-même contribuer à modifier profondément cet état de choses, par son éloignement des affaires ; et les colons, par leur esprit inquiet, jaloux et intéressé, ne pouvaient qu'élargir le vide qui se ferait bientôt entre eux et le souverain.

A l'époque où nous sommes arrivés, Penn est à l'apogée de sa gloire, et quoique au début seulement de la colonie, on le verra successivement descendre les degrés de cette élévation, et donner au monde le triste spectacle d'une renommée qui s'égare dans des situations équivoques, s'efTeuille dans des débats pécuniaires, et disparait dans l'éclipsé de l'intelligence. C'est le côté du tableau qui ne nous a point été donné

> G(H^iH], p. 17.

PREMIERS RAPPOPiTS AVEC LES INDIENS. 181

par les auteurs français, et qu'il convient de restituer à l'histoire.

Un des premiers soins de Penn fut de chercher à déterminer les limites de ses possessions du côté du Maryland, mais ses conférences avec lord Baltimore n'aboutireiït à aucun résultat. Tant étaient grandes leurs divergences d'opinion sur ce point, que le règlement final de leurs frontières respectives, ne se termina qu'en 1761, c'est-à-dire près d'un siècle après ces préliminaires.

laclivn III

ÎBEKIEBS B&PPOHTS AVEC ISS INDIENS. — KÈOUIK RBPKÊaEHTATIF. CEAHTE DE 168S. — RETOUR DE PENH El tNGLETBBnE.

- Avant l'arrivée du Quaker-Souverain, Markham son lieutenant s'était mis en rapport avec les Indiens, et leur avait acheté une grande quantité de terres sur les deux rives des chutes de la Delaware. Mais Penn voulait agrandir ses possessions et cimenter fortement ses rapports d'amitié avec les indigènes : il les convoqua donc à une conférence où ils se rendirent, et qui a été célébrée par toutes les voix de la renommée. Un traité fut signé avec eux ; il contenait une cession de vastes territoires moyennant un prix convenu et qui leur fut payé. Penn, aux manières franches et ouvertes, à la parole persuasive, inspira beaucoup de confiance aux indigènes qui n'hésitèrent point à lui donner leur enlière amitié. L'appareil théâtral de ce traité a fait supposer que c'était la première fois que les Européens achetaient des terres aux Indiens et les leur payaient. C'est une des nombreuses erreurs historiques propagées par VoUaire qui ne se doutait guère du mouvement qui s'opérait au delà de l'Atlantique. En s'informant davantage, il aurait appris que quarante à cinquante ans auparavant, ces achats se faisaient dans tes autres colonies et sans apparat. Le seul fait à signaler, pouvait consister dans l'esprit de justice et debien-

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