PENSYLVANIE ET COMTÉS UKL4WARE
laye a prétendu (p. 557), que «. ce dernier ne pouvait élire ni un juge ni un constable ! » Celte affirmation avait pour but d'exalter le libéralisme du Quaker, aux dépens du catholique lord Batlimore. Ce professeur a, cette fois encore, été mal servi par ses prédilections protestantes qui lui font substituer ses conceptions à l'bîstoire sérieuse.
' Le jury était institué par la première charle : l'acte modificatif n'y apporta aucun changement. Mais il semble que l'ordre des juridiclions ne fut pas toujours bien observé, cardans plusieurs circonstances, le Propriétaire et le Conseil prennent directement connaissance de diverses causes importantes ; quelquefois aussi, il y avait jugement sans intervention du 'jury; enfin le Conseil s'attribue le pouvoir de reviser les procès, et même de punir les juges des cours inférieures '.
Les autres clauses du nouveau pacte ne sont que d'un intérél secondaire. Mais il convient de relever ici comme trait de mœurs, deux particularités qui montrent combien les idées de liberté étaient encore indistinctes chez ce jeune peuple, et comment il rétrograda par la suite, des principes très-larges posés par le fondateur de la colonie. Dans la session de 1685, bien près par conséquent du dis-huitième siècle, deux étranges propositions furent faites par le Conseil. L'une tendait à contraindre les jeunes gens arrivés à certain âge, à contracter mariage ; l'autre déterminait les deux seules sortes d'étoffes que la population serait autorisée à porter pour l'été et pour l'hiver. Le bon sens de la majorité de l'assemblée fit cependant justice de ces aberrations qui furent repoussées *. Les principes de la secte étaient déjà assez rigoureux dans les habitudes de la vie, sans que l'autorité politique prétendit y donner une sanction pénale.
La condescendance de Penn aux modifications réclamées à ' la charte originaire lui valut les sympathies de tous, et dans
< Gordon, p, 81.
• Proud, l"ïo!.,p. 2"8.