RETOUR DE PENN EN EUROPE
un mouvement de reconnaissance, l'assemblée générale, pour le récompenser des services rendus à la colonie et le couvrir des dépenses qu'elle lui avail occasionnées, créa à son profil une taxe annuelle qui fut assignée sur l'importation et l'exportation de quelques objels de consommation. En 1784, on porta cette allocation à 2,000 livres sterling, à prendre sur la taxe des liqueurs spiritueuses dont il était fait grand usage dans la province, comme dans toutes les autres. Penn accepta ces avantages pécuniaires, seulement il en différa la perception pendant un an ou deux, à la demande des marchands. Mais ensuite, il toucha ce revenu plus ou moins régulièrement, jusqu'à ce qu'il en fut privé par une connivence coupable dé Lloyd l'un de ses gouverneurs, avec l'assemblée générale*.
Penn qui se sentait à l'étroit dans ce pays naissant, songea à retourner en Europe où l'attirait une grande soif de renommée. D'autre part, l'estime toute particulière dans laquelle il était tenu par Charles 11 et le duc d'York son frère, pouvait contribuer à le mettre davantage en évidence, et à venir en aide à la secte des Quakers. Mais ce qui étonne chez un homme de cette valeur et qui affectait des principes si austères, c'est qu'il cherchât à se rapprocher d'un pouvoir qui devenait de plus en plus odieux à l'Angleterre, et qui pratiquait ie gouvernement d'une façon si opposée à celui qu'il venait lui-même d'établir. On ven-a par la suite, combien cette situation de favori lui fut fatale, et tout ce qu'il y a d'inconséquence dans la nature humaine I
Avant son départ pour l'Europe (1684), Penn créa une ctiur provinciale composée de cinq juges. C'était la Cour suprême à laquelle il donna pour chef, Nicolas Moore l'un des hommes les plus estimés de la colonie.
Le pouvoir exécutif fut remis aux mains du Conseil qui
■ Gordon, p. 80-82.