PENSÏLVANIE ET COÛTÉS DELA.WARE
eut pour président Thomas Uoyd l'un des principaux pro< priétaircs quakers de la colonie. Markham autre Quaker en lut nommé secrétaire.
A cette époque, la province comptait déjà vingt communes et sept mille habitants. Les immigrants Quakers afiluaient d'Angleterre et du pays de Galles ; on en \oyaif arriver aussi de Hollande et d'Allemagne, mats en beaucoup moins grand nombre. Ces hommes étaient les mêmes que Penn et Barclay, dans leurs voyages, avaient convertis à cette secte. C'est ce premier noyau d'AUemands qui fonda Germantown, dans le voisinage de Philadelphie.
Déjà des rapports de commerce s'étaient établis avec les Indes occidentales, avec l'Amérique du Sud, même avec ta Méditerranée; mais l'intermédiaire obligé de l'Angleterre pesait déjà de tout son poids sur les affaires de ce pays, et faisait présager des luttes vives pour le moment où elles s'étendraient davantage.
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DE FEHN. GaDVESNEUH nOÏU.. — SÉEARATION DES COMTÉS.
Aussitôt après l'arrivée de Penn en Angleterre, Charles II vint à mourir, et le duc d'Vork son frère, sous le nom de Jacques II, monta sur le Irônc (1685). Les tendances bien prononcées du nouveau roi pour le pouvoir absolu et pour la propagation du catholicisme, mirent en éveil toutes les défiances, soulevèrent de graves méconfentements ; et Penn, qui était devenu le favori particulier du prince, partageait la haine qui s'attachait à lui. On a dit de ce chef Quaker qu'il ne s'était autant rapproclié du roi, que pour plaider mieux la cause des dissidents, mais ne pouvait-i) y réussir sans s'identifier autant qu'il le fit, avec ce pouvoir abhorré? Ne fut- . on pas autorisé it croire qu'il n'usa que pour lui-môme el pour sa province, delà faveur qu'il avait acquise? N"a-t-on
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USl'R PAT ions DE L'ASSEMBLÉE. Ï87
pas conslalè que sa charte fut la seule respectée par Jacques II? N'est-ce point grâce à cette circonstance, que dans !e conflit existant entre lord Baltimore et lui, il se fit adjuger par le conseil privé, à peu près la moitié du territoire compris entre la Delaware et la Cheasapeake? A la faveur de sa situation qui protégeait la Pensylvanie, des personnes riches et considérées y cherchèrent un asile pendant cette époque tourmentée, et y achetèrent des territoires très-étendus. Penn ne pouvait s'y opposer, car ces émïgrants se conformaient aux conditions de sa proclamation; mais ses grandes dépenses à la cour lui avaient fait attacher beaucoup de prix à l'argent, et il déplorait le fait de ces ventes involontaires Ji des conditions modérées, comme le privant de la plus-value que les terres avaient acquise par l'accroissement de la population' Déjà se révèle d'une manière frappante, l'intérêt privé se détachant de celui de la province. Ce malheureux sentiment ira toujours grandissant.
L'assemblée générale, mécontente de sa position subordonnée, céda à l'entraînement des grands corps délibérants, toujours disposés à élargir et à étendre démesurément le cercle de leurs prérogatives. Elle usurpa quelque temps, le droit d'initiative qui lui était refusé par la constitution, mais Moore chef de justice et membre de la législature, s'opposa à ces envahissements. On le chassa du lieu des séances, et il fut mis en accusation. Quant au secrétaire de la cour, on le jeta en prison pour refus fait par lui de livrera l'assemblée les registres confiés à sa garde. Là ne se bornèrent point les attentats à la liberté individuelle ; il devint urgent d'y mettre un terme pour éviter de graves perturbations. Penn fut obligé d'intervenir pour les faire cesser, et comme marque plus évidente encore de son mécontentement, il délégua son pouvoir de gouverneur à une commission de cinq membres
' Gordon, p. 86.
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parmi lesquels figurèrent Moore et Uoyd (1685). D'autres abus d'autorité de la part de cette même assemblée contre divers fonctionnaires, jetèrent de grands ferments d'irritation dans la population, et témoignaient d'une sorte d'anarchie qui, lorsqu'elle fut connue en Angleterre, sufTit a arrêter le mouvement d'émigration, et affecta d'une manière fôcheuse la réputation des Quakers qu'on supposait si paisibles'. Le caractère du fondateur lui-même ne fut pas épargné, surtout après les démêlés d'argent dont je vais parler. Penn, outre sa représentation à la cour, avait fiit des dépenses considérables pour l'établissement de la colonie ; il était obéré et réclamait avec instance, des allocations sultisantes pour les couvrir. D'autre part, il avait vendu des terres aux colons qui laissaient accumuler les rentes à lui dues, sans beaucoup de souci de leurs engagements. Puis, Llojd son lieutenant dans la colonie, autrement dit le gouverneur, avait, sans le consulter, consenti au rappel de la taxe sur les importations et les exportations, taxe créée pour son profit exclusif, et sur laquelle il avait compté comme revenu perpétuel pour sa famille *. Sa gêne devenait très-grande, il la fit exposer à l'assemblée qui en parut fort peu touchée. IjCS colons qui avançaient péniblement dans le travail de colonisation, n'admettaient ses allégations qu'avec une certaine incrédulité ; on le supposait riche, dissinmlant sa fortune à l'aide de prétendues dettes dont le chiffre excessif n'était pas en rapport avec les dépenses faites, suivant eux, pour la colonie. On rappelait qu'il avait déjà touché pour prix de concessions de diverses terres, vingt mille livres sterling, sans compter la plus-value de celles qui lui reslaient et dont l'importance croissante participait de la prospérité de la province. Les habitants le considéraient comme injuste et cruel envers eux qui étaient pauvres et soumis à un travail pénible. Son
i Cordon, p. 86-87, et Hildretli, 2* vol., p. 90. « Hildrelh, 2* vol., p. 97.