‹ Histoire du peuple américain. États-UnisChapitre 55 sur 130 · RESTAURATION DE PENN. 1B · texte numérisé non relu

RESTAURATION DE PENN. 1B

La royauté nouvelle s'était fermement établie en Angleterre, el pouvait se relâcher des rigueurs des premiers temps ; aussi se montra-t-elle accessible aux démarches faites dans l'intérêt de Penn, par des amis puissants qui ne l'abandonnèrent point dans son infortune. On parvint à dissiper les préventions et les soupçons qui avaient été semés dans l'esprit du roi, et Penn fut admis à s'expliquer devant le Conseil privé. Il ne lui fut pas difficile de détruire toutes les calomnies dont il avait été liobjet : sa justification ne laissant rien à désirer, son acquittement en fut la conséquence. Il obtint ainsi sans difficulté, la restauration de son autorité de Propriétaire par une patente du mois d'août 1694, dans laquelle les désordres de la province ne furent attribués qu'à son absence'.

Les usurpations de l'assemblée, son esprit d'indépendance sans cesse croissant, étaient menaçants pour les droits de Penn. 11 imagina un système qui ne tenait point assez compte de l'èlat des esprits et qui manquait de justice : il prétendit que la suspension de son autorité avait annulé la constitution, et que la province se trouvait maintenant soumise à sa discrétion, comme elle t'était déjà à celle du roi. Mais oubliait-il que ce n'était pas seulement aux troubles intérieurs qu'était dû le retrait de son autorité? Ses liaisons avec Jacijues II, les accusations dont i! était l'objet, et auxquelles il n'avait échappé que par la fuite, n'enfraient-elles point pour une grande part dans celte mesure ? Puis, la couronne, en confiant le gouvernement à un de ses agents, avait dû composer avec l'Assemblée générale et confirmer les chartes ei les lois existantes, pour obtenir des subsides. En reprenant sa situalion première, il lui fallait respecter les actes de l'interrègne. Ou le lui fit bientôt sentir.

• Gordon, p. 107.

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