‹ Histoire du peuple américain. États-UnisChapitre 57 sur 130 · PENN ATTAQUÉ. 9<H · texte numérisé non relu

PENN ATTAQUÉ. 9<H

tionet leur législature furent distinctes'. Il convient de signaler ici, combien était grande la mobilité d'esprit de ces populations : deux ans seulement après cette nouvelle organisation, c'est-à-dire en 1704, les habitants des bas comtés de la Delaware allèrent jusqu'à contester à Penn le droit de les gouverner, et préférèrent la domination du roi dont ils sollicitèrent le joug I Pour qui connaît cette sorte de gouvernement, une pareille démarche semble Indiquer que ce peuple était fatigué de l'excès de liberté qu'il devait à cet homme bieaveillanl, envers lequel on se montrait si ingrat I

Le même esprit inquiet et turbulent se remarquait dans la Pensylvanie. Hamilton avait été remplacé par Evans, et les choses n'o£fraient pas un meilleur aspect. Celui-ci fut même obligé de signifier à l'assemblée, dans la session de 1705, que si elle ne se montrait pas animée d'intentions plus conciliantes, Penn était résolu à renoncer à sa charte et à abandonner la province à elle-même *.

Celte menace provoqua des remontrances pleines d'aigreur : l'assemblée les formula dans une série de résolutions où elle signalait les lacunes de la dernière constitution comme entraînant ce malaise, et elle demandait encore de nouveaux changements. On reprochait au fondateur d'avoir esquivé l'exécutiondeses promesses originaires, 1" en reprenant arlificieusement le veto qu'il avait précédemment abandonné ; 2° en se montrant exacteur impitoyable ; 5" en gardant pour lui seul, la constitution des tribunaux et l'administration de la justice; 4° en nommant des fonctionnaires oppresseurs ; 5° et finalement en négociant pour l'abandon de sa charte, ce qui n'élait autre qu'un acte de complète trahison envers les colons. On l'adjurait de s'arrêter dans cette négociation sous peine de paraître K vendre la bête aprè* J' avoir tondue '. »

* Proud. 1" vol., p. 459.

* Le même, p. 462.

* Bildretb, î* W., p. 345.

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