‹ Histoire du peuple américain. États-UnisChapitre 58 sur 130 · PENSÏLVANIE HT COMTÉS DELAWARE · texte numérisé non relu

PENSÏLVANIE HT COMTÉS DELAWARE

Penn se monira profondément blessé de cette adresse, et réclama la punition exemplaire de David Lloyd président de l'assemblée, qui en avait été le promoteur, le rédacteur et le propagateur. Ce ressentiment était d'autant plus vif, que cet homme avait été précédemment investi de sa confiance, et nommé par lui attorney général.

Les rapports des deux pouvoirs étaient trop tendus pour .qu'il fût possible de maintenir la bonne harmonie. Un retour vers des sentiments meilleurs, de la part du peuple qui avait déjà tant obtenu, était nécessaire pour conjurer la perle de ce gouvernement. On parut le comprendre, et ce mouvement se dessina bientôt. En effet, une nouvelle assemblée élue en octobre de cette même année 170S S0U3 des influences pacifiques, rejeta la responsabilité du passé sur sa devancière, et grâce à l'intervention intelligente de Logan, le gouvernement obtint une majorité qui assura les subsides nécessaires pour la marche des anaîres, et vota de plus, une adresse affectueuse et reconnaissante au Pi^priétaire.

Cependant une cause de difficulté restait pennanente et sans solution, c'était la question des subsides de guerre. L'assemblée où le quakerisme prédominait, s' opposant d'une manière absolue à toute organisation militaire, Evans recourut à un stratagème assez pauvre pour forcer la main à ses adversaires : il simula une fausse attaque d'un ennemi supposé qui arrivait en armes, en remontant la Delaware et parcourant à cheval les rues de la ville, le sabre en main, il adjurait le peuple de prendre les armes pour la défense du pays ; mais malgré l'effroi du premier moment, les Quakers alors réunis dans leur temple, restèrent impassibles. On acquit promptement la preuve de celle supercherie, elle produisit un effet tout opposé à celui qu'on en espérait. Les récriminations recommencèrent, et celte fois avec plus de fondement , car le gouverneur avait

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USURPATIONS DE L'ASSEHBLÉE. 30S

voulu créer une espèce de taxe maritime qui fut repoussée. Aucun chagrin ne devait être épargné à Penn. Une nouTelIe assemblée réunie en 17U7, réclama avec la pins grande insistance, la révocation d'Evans et surtout celle de Logan contre lequel, sauf quelques torts de forme, il n'exislait aucun sujet réel de mécontentement. Mais il y avait quelque chose de plus poignant encore pour cet homme de cœur : son lils aîné, qui était depuis quelque temps dans la colonie, y menait une conduite dissipée, déréglée même, dans la compagnie du gouverneur; il fit plus, il renonça publiquement au quakerisme, en se fondant sur l'ingratitude des colons envers son père. Comme il faisait partie du Conseil, on comprend toute l'émotion des chefs de la secte. Et cependant que jpouvail-on en redouter, quand celte conduite était réprouvée p6r Penn luimôme, et alors que ce jeune homme était tombé dans une grande déconsidération ? Mais dans les temps agités les moindres circonstances ajoutent encore au mécontentement général.

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Le pouvoir de Penn se trouvait bien réduit, malgré les allégations intéressées d'une précédente assemblée; on voulut plus encore. Précédemment, lorsqu'une loi avait reçu l'agrément du gouverneur, elle devait ôlre envoyée au Propriétaire pour avoir sa sanction. Celle prérogative comme toutes les ■ autres, n'avait pas été toujours respectée, et ce dernier s'en était plaînl souvent. Les défiances devenant plus grandes, l'assemblée de 1707 fît consacrer ce principe : que toute mesure adoptée par le gouverneur ne serait plus passible du veto du Propriétaire. Dès lors, celui-ci se trouvait livré pieds et poings liés à ses agents dont la mauvaise foi pouvait compromettre gravement sa situation, II songea donc à

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