‹ Histoire du peuple américain. États-UnisChapitre 67 sur 130 · PENSÏLVANIE ET COMTÉS DELAWARE · texte numérisé non relu

PENSÏLVANIE ET COMTÉS DELAWARE

William Keilîi, pour gouverner en leur nom collectif la Pensylvanie et les has comtés de la Delaware. Cet agent qui était d'un caractère souple, et avait en vue principalement l'obtention d'un traitement élevé, se montra très-docile aui vœus, même. aux préjugés de l'assemblée. Cette condescendance intéressée qui manquait de dignité, lui valut la confiance de ce corps politique, et il en sut faire profiter les représentants de Penn. C'est ainsi qu'il parvint liabilement à faire réaliser deux mesures auxquelles ses prédécesseurs attachaient beaucoup de prix, et qui leur furent invariablement refusées. La première consistait dans la création d'une cour d'équité dont il fut nomme chancelier; la deuxième concernait l'organisation d'une milice, à l'aide d'engagements volontaires seulement (1720)*.

La création d'une force militaire était un signalé succès, car c'était la première fois qu'une assemblée de Quakers se prêtait à une combinaison de celte nature, dont la proposition les eût mis précédemment dans un grand émoi ; mais ce fait ne devait pas créer un précédent.

Quant à la cour d'équilé ou de chancellerie, ce nouveau rouage était considéré presque nécessaire pour donner de l'uniformité à la jurisprudence, sur des matières qui sortaient du domaine de la Common-LaWy et où régnait beaucoup d'arbitraire. Enlever ces sortes d'affaires aux cours ordinaires qui décidaient en sens contraire faute d'une loi régulatrice, pouvait être considéré comme un bienfait malgré l'omnipotence laissée pour ainsi dire à un seul homme, à l'instar de l'Angleterre. Il ne fallait rien moins que la confiance personnelle qu'inspirait Keiih, pour qu'on l'investit d'un pouvoir discrétionnaire aussi complet.

Là ne se borna point l'influence de ce gouverneur. On a vu queGookin ayant rendu le serment obligatoire dans la eo-

• Gordon, p. 185.

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