‹ Histoire du peuple américain. États-UnisChapitre 70 sur 130 · NATURALISATION · texte numérisé non relu

NATURALISATION

L'intolérance existait toujours à l'état latent ; tout prétexte un peu plausible l'eût fait se produire au grand jour. Le respect humain bien plus que l'idée de liberté la contenait, et le déni de justice dont les Allemands étaient victimes en est la meilleure preuve. Cet état d'incapacité politique prolongé explique comment les Quakers, qui n'avaient plus peut-être l'avantage du nombre, vers le milieu du dix-buitième siècle, n'en conservèrent pas moins la prépondérance politique.

Dès l'abord, Penn avait établi quelques r^les de naturalisation qui étaient déjà rapportées en 1705. De cette époque à i740, on ne trouve plus de dispositions générales sur ce point. L'assemblée qui était omnipotente, accordait ou refusait cette faveur par des actes individuels. Mais en 1740, comme je l'ai dit ailleurs, le parlement anglais jugea nécessaire de réglementer cette matière d'une manière uniforme pour toutes ses possessions d'outre-mer. il ordonna qu'à l'avenir, tout immigrant né hors des domaines soumis à l'allégeance du roi, aurait droit à tous les privilèges de sujet anglais, après un séjour de sept années, pourvu que préalablement, le postulant prêtât serment de fidélité à la couronne, serment qui serait converti en une simple afiirmation équivalente s'il était Quaker ; et à condition aussi de faire profession de cbrisfianisme devant un juge de la colonie.

Les difûcultés que rencontra longtemps la naturalisation étaient impuissantes à arrêter le flot toujours grossissant de l'émigration. Des craintes exagérées inspirèrent une politique malhabile qui se flattait, bien à tort, de créer une digue assez forte contre tout envahissement nouveau. C'est ainsi que l'assemblée générale, dans sa session de 1729, £6 résolut à frapper d'une taxe de quarante shillings, l'importation de tout étranger qui viendrait s'établir dans la prc vince. Ces dispositions n'empêchèrent point, ainsi qu'on l'a vu plus haut, l'arrivée successive denombreuxAlIemands qui devinrent pour le pays une excellente acquisition, surtout

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au point de vue agricole. Avec le temps, cette phalange leutonique pesa dans la balance, elle fournil une pariie notable des propriétaires fonciers et des électeurs avec lesquels il fallut compter. C'est ce qui détermina la législature de 1740 k édicler cerlaines dispositions dont l'objet était de se concilier les colons de cette race. Il ne paraît point qu'ils aientabusé de cette situation particulière, car l'assemblée de 1774 formée presque à la \eille de la révolution américaine, comptait dans son sein beaucoup de Quakers qui avaient su sans doute, leur inspirer assez de confiance pour en faire leurs représentants, 11 semble au surplus qu'il y ait entre l'Allemand et le Quaker anglais des affinités qu'on trouverait difficilement, à un égal degré, chez des individus d'autre race. C'est la raison sans doute, pour laquelle on voit plus d'homogénéité de caractère dans la population de Pensylvanie, que dans celle des autres États où des éléments variés d'autre nature, ont formé le noyau primitif.

Parmi les émigranls de tous pays se trouvaient des serviteurs engagés {indmted servants), puis, des eonvicls venant d'Angleterre. Tous devenaient libres : les premiers, à l'expiration du terme de leur engagement; les deuxièmes, à l'époque fixée pour la cessation de leur peine. Les uns et les autres entraient alors dans la vie civile, et s'élevaient quelquefois aux situations les plus éminentes. Cependant les habitants répugnaient à recevoir cette sorte d'émigrants, surtout les convklg; on ne voulait point qu'ils fissent souche dans la colonie, et ici comme dans le Maryland, on passa des lois pour en interdire l'importation. Déjà un bill sur ce sujet fut préparé par le Conseil colonial en 1682, mais le mal n'était point encore jugé assez sérieux pour amener une résolution complète. En 1722 seulement, on frappa d'un' droit de cinq livres sterling l'importation de tout conuict appelé à rester dans la province. C'était là plutôt encore une démonstration qu'un acte d'autorité réelle< Cette sorte d'émigrants

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