PEWN SUPÉRIEUR A SOU PEUPLE
acquis, soit que les Pensylvaniens se fussent aperçus un peu tard, de la légèreté de leur résolution, à l'approche du moment où ils allaient s'engager dans une lutle formidable contre la métropole. I^s hôritiers Penn continuèrent donc leur gouvernement sans difiicultés sérieuses, car ils avaient cédé à peu près tout ce qu'on leur demandait; et les habitants avaient compris la nécessité 'd'une milice, et d'une contribution pour faire face à toutes les éventualités militaires.
En résumant les considérations qui se dégagent des faits présentés dans ce chapitre, on voit combien les idées philosophiques de Penn étaient en avant de son peuple el de sa secte, el tous les mécomptes qu'enlralna le jeu de ses institutions qui du reste, étaient insuffisamment digérées.
Presque tous les pouvoirs qu'il avait organisés à l'origine, avaient, à la fin de la période coloniale, une physionomie foute différente : l'assemblée générale s'était faite omnipotente, admettant à peine le veto du gouverneur, el sacliant au besoin, l'acheter par des concessions pécuniaires. Le conseil législatifet exécutif avait disparu. L'autorité de Penn et de SCS héritiers n'était plus guère que nominale.
Le suffrage presque universel d'abord, fut restreint aux possesseurs d'immeubles d'une valeur déterminée.
L'esprit de secte qui devait s'effacer complètement, se mêla aux choses du gouvernement pour arrêter sa marche. En religion, il eut des défaillances notamment envers les Catholiques.
Le système pénal, l'une des plus belles conceptions de Penn et qui honore sa mémoire) fut dénaturé el remplacé en partie par le code criminel d'Angleterre.
Le pouvoir judiciaire n'eut pas un meilleur sort : de per* manentes qu'étaient les fonctions, on les rendit amovibles, sujettes au bon plaisir, el l'ordre des jmidiclions reçut sou* vent des atteintes.
•iM RAPPORTS DES PENSTLTAHIENS AVEC LES INDIENS.
Quant à t'instniction primaire, on n'y donna aucune a|[ention, comme si elle était indifférente dans un gouvernement populaire.
Enfin je dirai un peu plus loin, comment on foula aux pieds les promesses solennelles du traité d'amitié proposé aux Indiens, et que les cent voix de la renommée avaient fait retentir dans le monde entier.
Tous ces résultats sont d'autant plus précieux à mettre en relief, qu'ils ont été passés sous silence par les auteurs français, et que les notions historiques qu'ils ont données sur la Pensylvanie se bornent jusqu'à présent à des programmes.