PENSYLVANIE
Cependant la colonie n'étaiL point rassurée : elle redoutait une ligue indienne qui pouvait lui faire payer cher tant de souffrances et d'injustices. En 1767 c'est-à-dire longtemps après les événements déplorables rapportés plus haut, l'assemblée générale fut saisie d'un ensemble de mesures destinées à regagner la confiance des tribus voisines. Elle passa d'abord une loi défendant k tout colon de s'avancer sur le 1erriloire indien, sous peine d'expulsion, même sous peine de mort, en cas de récidive. Des fonds furent votés pour assurer l'exéculion de ces prescriptions, et l'on ordonna de nouvelles perquisitions pour découwir les auteurs des massacres des Conestogoes à Lancastre! Résolution dérisoire, après treize ans écoulés en silence depuis la consommation du crime! Enfin on affecta une somme de 3,000 livres à l'emploi des moyens propres à gagner la confiance de ces sauvages dontoi) avait tant besoin, dans les circonstances difficiles où se trouvaient placées les colonies. On réussit de la sorte à apaiser ces malheiu^ux, et à conclure à la date de 1 769, un traité d'amitié avec les six nations, les Delaware et les Shawanese. On leur acheta de nouvelles terres, et une ligne frontière fut tracée de manière h prévenir le plus possible, les empiétements des blancs '.
Ce qui étonne dans l'observation des rapports existants en- Ire les deux races, c'est la confiance persistante des Indiens dans l'efficacité des traités qu'on leur proposait pour conjurer le retour des fatales pratiques des blancs à leur égard. Peutêtre faut-il y voir non pas une espérance, mais une triste résignation à une fatalité implacable qui, suivant eux, s'attache à une race maudite I
• GordoD, p. 4iS-4i9.