‹ Histoire du peuple américain. États-UnisChapitre 77 sur 130 · CHAPITRE XX FONDATIOK DES CAROLIKES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX FONDATIOK DES CAROLIKES

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la grande étendue de pays qui forme aujourd'hui les deux Carolines dépendait des possessions illimitées que l'Espagne, au seizième siècle, s'altribuait en Amérique et auxquelles elle avait donné le nom de Floride,

Après une occupation plulôt nominale qu'effective, les Espagnols parurent un instant, abandonner ces parages. C'est alors que Coligny, de l'aveu de Charles IX, chercha à établir de ce côté, unecoloniedestinéeàservir de refuge aux huguenots dont la liberté de conscience était déjà mise en péril. En 1562, une petite expédition composée de deux vaisseaux partis de France sous le commandement de Jean Ribaut de Dieppe, ilt voile pour l'Amérique vers la latitude de Saint- Augustin. Mais des mesures mal prises et l'indiscipline des émigrants firent avorter ce premier essai dans la misère. En 1564, une deuxième expédition, cette fois très-nombreuse, éprouva un sort plus cruel encore, car elle eut à lutter tout à la fois contre les éléments et contre un barbare ennemi qu'elle ne s'attendait point à rencontrer. L'Espagne avertie dit-on, de cette tentative de colonisation huguenote, envoya à sa poursuite une floltille commandée par Mélendez. Mais celui-ci, avant de commencer son attaque, voulut avoir un point d'appui sur le continent américain, et il bâtit un fort auquel il donna le nom de Saint-Augustin. Les Français de leur côté, s'étaient foriiiiés sur un endroit qu'ils appe.

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lèrent fort Caroline. L'impétuosité française n'attendit point l'attaque : le commandant Ilibaut prit le lai^ avec bon nombre des siens, et se disposait à courir sus à l'ennemi, lorsqu'une tempête effroyable vint disperser et détruire ses bâtiments. Cependant ses hommes ou presque tous purent gagner le rivage. Mieux eût valu pour euï périr dans le naufrage! car le chef espagnol tirant promptement parti de ce désastre auquel il avait échappé en restant en rade, se dirigea vers le fort Caroline dont it s'empara aisément, et où il mit tout à feu et à sang. Ce n'était point assez pour lui : il attachasse aux Français errants surlacAte, et illes immola tous, delà manière la plus cruelle. On prétend, avec quelque eiagération peut-être, que le nombre des victimes de cet impitoyable bourreau, s'éleva au chiffre de 900. Et pour qu'on ne se méprit point sur la cause de ce carnage, il la mentionna sur l'un des arbres où il pendit quelques-unes de ses victimes, a Nous traitons ainsi, disait-il, non les Français, mais les hérétiques. » 11 ne pouvait convenir k ces fanatiques d'avoir pour voisins des dissidents, et par ce coup hardi, ils espéraient décourager touti! colonisation ultérieure. De pareilles cruautés criaient vengeance, mais il ne convenait pas an roi catholique de prendre la défense de ses sujets huguenots t Ce fut cependant un catholique, Dominique de Goulues, dont la vie antérieure avait été agitée de bien des manières, qui vit dans ce désastre, non une affaire de parti, mais une insulte à la France. Ne prenant conseil que de son courage, et n'ayant d'autre mandat que celui de son patriotisme, il réalisa sa fortune et l'employa à préparer une expédition dont il dissimula le motif. En 1567, il s'embarqua avec iSO hommes seulement, sous la direction d'un Français qui avait pu échapper comme par miracle, au désastre de la précédente expédition. A peine arrivé à sa destination, de Gourgues se mit en rapport avec les Indiens dont il sut envenimer les griefs contre les Espagnols, et il les gagna A sa

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CAROLINES. 35a

cause. Fort de ces auxiliaires, et à l'aide de manccuvres hostiles, il s'empara des deux forts occupés par l'ennemi, et il y mit tout à feu et à sang, à l' exception de quelques prisonniers auxquels il réservait les mêmes torlures que celles infligées à nos nationaux par le cruel Mélendez,

Là s'arrêta l'entreprise de de Gourgues, car loin d'être autorisé par le gouvernement français, il fut plus tard désavoué et exilé. Charles IX voulant apaiser le ressentiment de l'Espagne, renonça à toute prétention sur la Floride, et jamais depuis, on n'y vit apparaître notre pavillon dans un but de colonisation française.

Cependant s'il ne nous était pas donné d'y régner en sou* verain, nous devions, un jour contribuer pour une bonne part, à développer les établissements que les Anglais ne manquèrent point d'y créer, en lui donnant le nom de Caroline. Le but de Coligny se trouva atteint, mieux encore qu'il ne i' espérait, car la nation qui voulait s'emparer de ce pays, était protestante.

Les Anglais ne restaient point inactifs dans ce mouvement qui portait l'ancien monde vers des régions inconnues, mais les tentatives successives dirigées vers le Sud, n'étant point appuyées par le gouvernement, restèrent longtemps siéi-iles malgré le génie entreprenant de quelques-uns de ces navigateurs. Il sufût de citer les deux Cabot et Raleigh, pour se convaincre que ni l'habileté ni le courage ne faisaient défaut. C'est dans un de ces voyages que Raleigh toucha en 1584, la côte de la Caroline du Nord. La relation qu'il fit de son expédition en termes séduisants, valut à ce pays le nom de Virginie, comme hommage à la reine Elisabeth.

Pour bien comprendre lesfaits concernantles Caroline8,il est nécessaire de savoir que la Virginie de cette époque comprenait dans la pensée des Anglais, l'immense contrée s'élendant du fleuve Saint-Laurent à la Floride, même au golfe du Mexique. Plus lard, la Virginie fut divisée en deux

1h9 CAKOLinES.

branches dont l'une comprenait toute la partie Nord en descendant jusqu'à la Virginie d'aujourd'hui. Quant à la deuxième branche, elle se prolongeait en longueur, jusqu'à la Floride ou au golfe, sans interruption. Lorsqu'on arm'a à démembrer la Virginie proprement dite, on en détacha, au Sud, un grand territoire qu'on appela Caroline, et qui se forma aussi plus au Sud, d'un fragmeiit détaché de la Floride où les Espagnols s'établirent dëfinilivemen(, après la retraite de de Gourgues.

Les essais de colonisation de Raleigh n'eurent qu'une durée éphémère, il en fut de même de ceus tentés après lui, dans ce siècle de Idlonnements plutdt encore que de colonisation, au moins en ce qui concerne rAnglelcrrc. On a vu dans )c premier volume de ce livre, page 52, que la Virginie, première colonie anglaise fondée d'une manière permanente en Amérique, ne datait que de 1606. Puis, vint en 4620, la province de New-Plyraoulh dans la Nouvelle- Angleterre. C'est en i 650 seulement, que Charles I" fit concession à sir Robert Heath attomey général d'Angleterre, de toute la partie de la Virginie qui descendait au Sud depuis )e 36' degré de latitude nord, en y comprenant le territoire de la Louisiane sur le Mississipi, et à laquelle on donna le nom de Caroline. Mais les quelques établissements créés par lord Arundel son cessionnaire ne vécurent pas longtemps. Les conditions de la charte ne se trouvant pas d'ailleurs remplies, cette concession fut déclarée nulle, et ce territoire resta encore une fois vacant pendant trente années.

Mais en 1663, cette région du nouveau monde tenta la cupidité des favoris deCharlesIl.Uuit d'entre eux, et les plus influents entre tous, sollicitèrent de ce prince la concession de tout le territoire s'étendant au sud, depuis le 56' degré de latitude nord jusqu'à la rivière San-Hatheo. Ces courtisans étalent l'Iiistorien ministre Clarendon ; Monk dont le nom se rattache à la restauration des Stuarts, et connu depuis sous

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