‹ Histoire du peuple américain. États-UnisChapitre 85 sur 130 · EXECUTION DE PIRATES · texte numérisé non relu

EXECUTION DE PIRATES

non-seulement parce que leur constiiutïon se prêtait impunément à cette culture, mais encore à raison du précieux secours qu'ils apportaient aux blancs qui périssaient en grand nombre, victimes des travaux de défrichement et d'exploitation des forêts*. Quant à l'introduction du coton, elle ne dale ^èrc que d'un siècle plus tard, il n'en peut donc être ici question.

Des considéi-ations d'intérêt mercantile et étroit avaient pendant un temps, faussé les notions de droiture et de justice des Caroliniens. Le commerce avec les pirates leur était productif, ils accueillaient ceux-ci et les protégeaient même, au mépris de tontes les lois et de tous les traités. Mais dans le cours de l'existence d'un peuple, les rapports commerciaux changent quelquefois d'aspect, et si les règles de conduite ne sont dictées que par l'intérêt, on est amené à condamner aujourd'hui ce qu'on approuvait hier. Triste aveu du peu d'empire des principes religieux chez des hommes qui se disaient viclimes de leur zèle pour la religion ! Le commerce de la Caroline prenait beaucoup d'accroissement : les moyens de transport en 1699, se trouvèrent insufllsants pour l'exporlation du riz dont la culture se multipliait chaque année. Le génie maritime des colons étant Irès-stimulé, ils devinrent marins à leur tour, mais ces mêmes pirates qu'ils avaient tant favorisés, trouvèrenl leurs bâtiments de bonne prise; et comme les autres peuples, ils ressentirent les effets désastreux de ce brigandage qui était une calamité publique, tant il s'était propagé. Les Caroliniens espéraient, en faisant un grand exemple, décourager la piraterie au moins en ce qui concernait leur marine; ils donnèrent donc la chasse à ces forbans, et s'emparèrent de quelques-uns d'eux qu'ils firent passer en jugement et que l'on condamna à mort. Sept d'entre euxsurneuf furent exécutés', mais il ne paraît point que !a

• Carrol!, 1" vol., p. ilO.

• Le iDëme, p. 127.

996 CAHOLINB du SUT),

police des mers ait été mieux observée par la suite, au moins jusqu'en 1725, époque à laquelle des mesures énergiques prises par TAnglelerre les réduisit aux abois '.

Toutes les calamités semblaient fondre à la fois sur ce pays. Un affreux ouragan dont ne peuvent avoir d'idée que ceux qui ont visité les contrées tropicales, dévasta Charleston qui fut un instant, menacé d'une complète destruction; et pour comblé d'infortune, un immense incendie vint encore augmenter ces ruines. C'était déjà beaucoup pour la fortune publique, mais la population elle-même ne fut point épargnée. La petite vérole et une espèce de maladie pestilentielle moissonnèrent largement dans tous les rangs. Les personnages les plus élevés furent atteints en assez grand nombre, et l'assemblée générale à elle seule vit périr la moitié de ses membres. Une sorte de terreur régnait dans la colonie, il semblait que la main de Dieu se fût appesantie sur elle ; et beaucoup de colons qui ne pouvaient surmonter de Irisles pressentiments, se résolurent à émigrer en Pensylvanie, colonie qui paraissait réunirtous les avantages des pays les plus favorisés (1697),

PopuUtion. — Mœurs. — Sectes. — SéTOlution. — Première iroupe tuiglaise.

A la fm du dix-septième siècle, la population blanche de la Caroline du Sud pouvait s'élever de cinq à six mille habitants. Charleston qui en était la capitale, ne comptait que deux églises, l'une épiscopale, l'autre presbytérienne. Mais dans le reste de la province à l'exception du comté français, il n'y avait ni service divin, ni écoles publiques. Une bonne partie du peuple dispersée dans les forêts, semblait retomber par degrés dans le même état d'ignorance et de barbarie, que les Indiens du voisinage. Quant aux races de couleur, on

• Bildrelb, 2- vol., p. 219.

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