‹ Histoire du peuple américain. États-UnisChapitre 94 sur 130 · FAIBLE EMPIRH; DE LA LOI · texte numérisé non relu

FAIBLE EMPIRH; DE LA LOI

plus ancienne dont on ait conservé la trace pour ce pays '.

Jusqu'en 1725, aucune ligne de frontière précise n'avait été tracée entre les Carolines et la Virginie, La Caroline du Nord était la plus intéresséeà cette division, car ses établissements se rapprochaient davantage de la province voisine, et il pouvait résulter de graves inconvénients de cette situation indéterminée. On comprit enfin, à raison de l'accroissement de population, qu'il était indispensable de poser des limites. Des commissaires furent nommés pour procéder à cette opération, mais on ne serait à l'œuvre qu'en 1727, époque à laquelle on parvint à se mettre d'accord sur les divers points de difficultés. Guillaume Byrd l'un des commissaires de la Vilenie a laissé un souvenir de ce travail qui a été publié sous le titre d'histoire de la ligne de séparation, et qui donne une triste idée du caractère du peuple de la Caroline. Il constate que des riverains déclarèrent que s si l'on comprenait leurs biens dans la province de Virginie, ils préféreraient se retirer dans la Caroline oîi ils n'étaient tenus de payer aucun trihut ni à Dieu ni à César V a

Ces faits se passant douze ans après la publication des lois que j'ni rapportées plus baut, montrent que si un certain nombre des habitants avaient de bonnes aspirations, chez d'autres au contraire, surtout loin du centre politique, la règle avait encore peu d'empire. De grossiers instincts qui n'avaient jamais été aux prises avec l'éducation, étaient seuls prédominants.

C'est peu de temps après la séparation des deux provinces, que les Propriétaires abandonnèrent à la couronne tous leurs droits sur les Carolines, ainsi que je l'ai expliqué page 310. Je n'en dirai rien de plus. A celte époque, la province du Nord contenait environ dix mille habitants, et elle était divisée en trois comtés : Albemarle, Bath et Clarendon, mais

• Hildretti, 2* vol.. p. 292-293.

* VTestoror H. S., Peterstmi^, i 841 .

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chacun d'eux était divisé en preâncts qui furent élevés au rang de comtés en conservant leurs appellations premières, et absorbèrent les trois comtés originaires.

La nouvelle de la cession de la province faisant craindre sans doute plus de régularité et de sévérité dans Tadministration, le gouverneur alors en fonction, Everard dont le mandat par le fait, était expiré, se hâta de faire d'énormes concessions déterre ises amis, sans stipuler aucun prix, même sans exiger aucune rente, par dérogation flagrante à tous les précédents. D'un autre côté, l'assemblée tenant à se ménager des ressources qu'un gouverneur royal pourrait lui refuser, passa précipitamment un bill portant création de quarante mille livres sterling de billefs de circulation. L'approbation d'Everai-d, ne lui fit point défaut. Le vieil esprit continuait de subsister : tout respect liumain, toute règle étaient foulés aux pieds, le corps social paraissait profondément atteint.

Le premier gouverneur royal donné à la province fut Burrington dont j'ai rapporté plus haut l'opinion sur le peuple de cette contrée. H inaugura son administration par la remise à tous les tenanciers, des arrérages de rente qu'ils pouvaient devoir à la couronne. Mais ce début ne suffit point à lui concilier la faveur publique. L'assemblée se plaignit bientôt du taux élevé des droits et émoluments exigés par les fonctionnaires, et elle demanda avec insistance le redressement de ce grief déjà ancien. Le gouverneur repoussa cette demande comme un empiétement sur la prérogative royale. Cette résistance reçut le ctiAtiment réservé dans toutes les colonies aux gouverneurs récalcitrants : l'assemblée refusa de voter aucun subside et de passer aucun bill, tant qu'il ne serait pas fait droit à ses réclamations. Une nouvelle rébellion éclata, violente et irrésistible : Burrington prît ta fuite pour ne plus revenir (1734), et fut remplacé par Gabriel Johnston, Écossais d'origine, médecin et .professeur de langues orientales en Angleterre, Quoique étranger à la vie

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publique, il était familier avec les questions politiques qu'il aborda souvent dans un recueil périodique estimé. Nais pardessus tout, ses intentions droites et libérales semblaient devoir lui attirer la confiance des colons. Lors de son entrée en ronctions(1735), il se trouvait en face d'une assemblée aigrie qu'il fallait se garder d'irriter encore. Il se borna 6 protester de ses bonnes intentions et à ne point ménager le blâme à ses prédécesseurs. A la session suivante, il fut plus eiplidle, et dans son allocution il s'étendit sur la déploi-able condition de la colonie : il signalait notamment la morale relâchée du peuple, l'absence de toute provision pour l'instruc* tien publique, le mépris général des lois, la violation des décisions judiciaires, l'oppression des pauvres par les gens riches, etc. Il concluait en disant que, représentant de la royauté, il saurait en maintenir les droits, sans méconnaître les libertés du peuple, et en se préoccupant au contraire, de son bonheur.

Aux prises avec une situation si difficile, au milieu de passions et d'inléréts si vivaces, la position du gouverneur était pleine de perplexités. La question des quitrents ici comme dans toutes les provinces, était un sujet de débats irritants : les colons pour la plupart au moins, en refusaient le payement, et cependant, c'est sur ce produit qu'étaient affectés les traitements des officiers de la couronne. Il fallait assurer les seules ressources de ceux-ci, et pour y parvenir on pratiqua quelques saisies. L'assemblée générale, indignée de cette mesure, lança un mandat d'arrêt contre les ofticïers chargés de cette opération, et ils furent jetés en prison (1657) •. Johnston chercha à détourner l'orage en convoquant une nouvelle assemblée, et à l'aide d'un compromis fait avec elle, il se félicitait d'avoir prévenu de plus grands malheurs. Mais le gouvernement anglais trouvant que son représentant

' Hildreth, 2* vol., p. 540.

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avait été trop large dans ses concessions, rejeta la loi pro-

poséeà l'agrément du roi (1659).

ImmigralioD d'Écossais et d'Irlandais. — Administration de Gabriel JiAnston. QiiitrenU.

La situation était critique, mais l'afllux incessant d'émigrants venant d^Europe pouvait assez promptement modifier l'esprit général et les tendances du peuple. Les éléments nouveaux étant meilleurs et formant des groupes dislints, apportaient quelque soutien aux principes d'ordre dont ce pays avait tant besoin. L'accroissement de population était rapide, car on a calculé que depuis l'achat par la couronne de la charte des lords-Propriétaires (1729) jusqu'en 1750 environ, le nombre des habitants s'était élevé, de treize mille à plus de quarante-cinq mille '.

Les débats pour la perception des quitrents se prolongèrent assez longtemps, et les olBciers royaux ne recevant aucun traitement pendant huit ans, furent obligés de se répandre dans le pays, et d'aviser à mille expédients pour ne pas mourir de faim. Pressé cependant par la force des choses, Johnston ayant remarqué que les comtés du Sud plus nouvellement formés, étaient moins violents dans leur opposition, convoqua une assemblée pour faire réussir un projet qu'il méditait depuis quelque temps. En 1646, saisissant le moment où les représentants des comtés du Nord étaient absents, il réunit ceux du Sud, et réalisa avec eux seuls un arrangement qui leur profitait aussi bien qu'au gouvernement. Précédemment, en vertu d'un usage abusif, les comtés du Nord avaient droit chacun à cinq membres dans la législature, tandis que ceux du Sud beaucoup plus nouveaux, n'en pouvaient envoyer que deux. On passa un bill qui mit

• Whwler, p. 45.

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