CHAPITRE XXII COLONtE DE GÉORGIE
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TICISSITIIOÏS.
te voisinage immédiat de la Floride espagnole eî calholique élail un sujet d'inquiétudes constantes pour la Caroline du Sud anglaise et protestante. Les rivalités de l'Angleterre £t de l'Espagne pouvaient à chaque instant, convertir ces provinces en un champ de bataille. Puis, la Floride abritant des Indiens ennemis, les établissements un peu reculés de la Caroline étaient exposés à de fréquentes déprédations, même à des massacres; enfin la province espagnole était un lieu de refuge pour les nègres décidés à prendre la fuite. Ces calamités toujours tenues en suspens auraient sufTi pour nrréter la marche de la colonisation, alors même que les faits n'eussent point justifié de légitimes appréhensions. Ort forma donc en Angleterre le projet de créer sur la frontière des deus pays, une colonie nouvelle dont la force dès l'abord, pût élre redoutable aux Indiens, tout en protégeant la Caroline. Cette idée vague encore, fut accueillie aveè empressemenf par John Ed. Oglethorpe membre du Parlement, dont les antécédents militaires le rendaient très-propre il faireréussir une enirepriso de cette nature. Cet homme de bien futforlifié dans sa résolution parune de ces cîrconslanccs accidentelles qui souvent, déterminent tout un avenir; -Dans une visite qu'il fit un jour à un de ses amis alors coniiné dans une prison de Londres, sa vue fut profondément blessée des chaînes dont celui-ci était chargé, et du régime général de cet établissement qui se faisait remarquer ^ar
l'oppression, et par de déplorables pratiques. Les sentiments sincèrement philanthropiques qui l'animaient lui suggérèrent l'idée de réclamer avec insistance une réforme profonde, tout à la fois de la loi pénale et du régime pénitentiaire tels qu'ils lui étaient apparus. A cette époque en effet, le système criminel d'Angleterre était excessif : les délits les plus simples recevaient pour châtiment la potence ; chaque année on jetait dans les prisons au moins 4,000 individus qui n'avaient d'autre tort que d'être insolvables, et la dette la plus mince jexposait à une détention perpétuelle '. Le régime intérieur des prisons venait encore aggraver notablement cet état de choses. C'est à la vue des misères et des -souffrances dont il fut le témoin, que Oglethorpc en homme de cœur, prit en main la cause de ces victimes du malheur.
11 ne lui sufTit point de réclamer la réforme des abus : il vou' lut procurer un secours efficace à la pauvreté honnête, en lui tendant la main pour la relever de sa chute. Jetant alors les yenx sur les parties encore incultes des possessions anglaises d'Amérique, il projeta d'y créer un asile pour les malheureux qui seraient jugés dignes de celte faveur. Il arrêta ses vues sur cette partie de territoire placée entre la Carolioe du "Sud et la Floride, appelée aujourd'hui Géorgie. Quoique la colonie anglaise eût déjà beaucoup souffert du voisinage des Espagnols et des Indiens leurs alliés, Oglethorpe ne fut point arrêté par cette considération, car homme de guerre lui-même, ayant fait plusieurs campagnes sous Le prince Eugène, il lui semblait fort aisé devenir à bout d'une poignée de sauvages, s'il était dans la nécessité de repousser leurs attaques, il y avait bien quelque témérité dans celte appréciation, car outre les luttes à soutenir contre les Indiens beaucoup plus nombreux dans cette région que partout ailleurs, une guerre avec l'Espagne pouvait ruiner d'un seul coup toutes ses espéran<^s.
> BuxToD, p. Hi.