‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècle (volume 2)Chapitre 101 sur 158 · Stockmar, Memoirs, vol. II, p · texte numérisé non relu

Stockmar, Memoirs, vol. II, p

2. Sir Th. Martin, Life of H. R. H. The Prince Consort, voL I, p. 32.

3. Le prince Alljert au Prince de Loewenstein (Lient, gênerai Ihe Hon. Cli. Grey, The Early Years of His Royal Hicjhncss the Prince Consort, p. 246). — La reine au roi Léopold, 15 juillet 1839 (The Letters of Queen Victoria, vol. I, p. 223; trad. fr., vol. l, p. 263).

4. Diary, 10, 11 octobre : beautiful... so excessively handsome {The Girlhood of Queen Victoria, vol. I, pp. 262, 263). — La reine au roi Léopold, 12 octobre 1839 : Albert's beauty is most strilcing, anû he so amiable and unafTect?d — in short, very fascinating. [The Letters of Queen Victoria, vol. I, p. 237 ; trad. fr. vol. I, p. 363).

5. Diary, 11 octobre : I danced ... with dearest Albert who dances so beautifully ... (The Girlhood of Queen Victoria, vol. I, p. 263).

6. Diary, 13, 14, 15 octobre ( The Girlhood of Queen Victoria, vol. I, pp. 264 sqq.). — La reine nu roi Léopold, 15 octobre 1839 (The Letters of Queen Victoria, vol. I, p. 238; trad. fr., vol. I, p. 281). Mais, afin d'éviter une convocation anticipée du Parlement, on convint de tenir la chose secrète : lord John Russell seul fut mis au courant. Et le secret fut si bien gardé par lord Melbourne et lord John Russell que, lorsque la nouvelle fut enfin publique, on crut à la cour que 'a reine, une fois de plus, en avait fait à sa tête, et s'était fiancée sans prendre conseil de personne, sans aviser personne {Greville Memoirs, 27 novembre 1839).

la plus malveillante : rien en lui qui ne fût prétexte à des plaisanteries, son goût pour les lettres et la « métaphj^sique », sa beauté, sa vertu. Dans tous les milieux, aristocratiques, bourgeois et populaires, on se défiait de ce nouveau Cobourg ^. Il semblait en vérité que cette famille eût pour occupation fondamentale de chercher des occasions matrimoniales en Angleterre, en Portugal, en France : voici que le duc de Nemours se fiançait avec la princesse Victoire de Saxe-Cobourg. Et toujours le factotum de la famille, l'allemand Stockmar, surgissait pour négocier l'affaire. Aussitôt le Parlement réuni, tories et radicaux se coalisèrent pour persécuter le futur époux de la reine, sous les yeux, assez indifférents, des whigs et des libéraux.

Était-il protestant, d'abord? Il paraissait bien qu'il l'était : mais quel fond faire sur le protestantisme d'une famille dont deux membres, en Belgique et au Portugal, avaient fait des mariages catholiques'^? Et s'il l'était, pourquoi avait-on omis — et volontairement omis^ — de le dire dans la déclaration qui fut lue par la reine devant le Conseil Privé, dans celle qui fut lue devant le Parlement? A la Chambre des Lords, Wellington fit adopter un amendement à la fin d'ajouter le mot « protestant » au mot « prince >' dans la rédaction de l'adresse *. A la Chambre des Communes, Ingiis, Sibthorpe, provoquèrent des incidents °; et il fallut, pour être en mesure de répondre à d'absurdes interpellations, que lord Palmerston demandât à Stockmar « si le Prince Albert appartenait à une secte protestante dont le Credo lui interdisait de recevoir la communion selon les rites de l'Église anglicane ^ «.

La dotation de 50 000 1. que le ministère demandait pour lui n'était-elle

1. Greville Memoirs,\ février 1840:There is no great sympathy for the lucky Coburgs in this country...

2. Lord Melbourne à la reine, 27 novembre 1839 {The Leiters of Queen Victoria, vol. I, p. 251 ; trad. fr., vol. I, p. 297).

3. Diary, 6 déc.-mbrc 1839 : ... Lord Melbourne said he left it eut on purpose nol to attract attention, as else they would hâve said that wasn't true, and that many of the family had coUapsed into Catholicism.... — Et Léopold avait vivement blâmé cette omission (Sir Th. Martin, Life of H. R. H. The Prince Consort vol. I, p. 57). — Il est curieux d'observer qu'en décembre 1831, Guillaume IV, par scrupule tory, et pour observer ce qu'il croyait être la tradition vraie, avait supprimé le mot « protestant • dans le discours du trône. Voir Sir Herbert Taylor to Earl Grey, 3 décembre 1831 : ... Your Lordship will observe the proposed substitution of the word Established for Protestant Church, which occurred to H. M. from a behef that established has been the term generally used heretofore, and that the change of it, upon this occasion, might attract notice. If, however, H. M. be mistaken in his recollection of former usages, his objection wiil of course fall to the ground (Corr. of Earl Grey with William IV, vol. II, p. 13).

4. H. of C, 16 janvier 1840 (Pari. Deb., 3rd ser., vol. LI, pp. 11 sqq).

5. H.of C, 16 janviir 1840 (Pari. Dcb., 3rd ser., vol. LI, pp. 110, 114). C. Stockmar, Memoirs, vol. II, pp. 24-5.

pas bien forte? Joseph Hume demanda qu'elle fût réduite à 21 000 !.. Il n'obtint pas gain de cause : mais conservateurs et radicaux se mirent d'accord, sous la conduite de Sir Robert Peel, pour la réduire à 30 000 1., à la forte majorité de deux cent soixante-deux voix contre cent cinquantehuit K

Convenait-il, comme le Naturalizaiion Bill le proposait, de donner au prince la préséance sur tout le monde après la reine, au Parlement et ailleurs? La reine, qui aurait voulu qu'Albert fût roi comme l'avaient jadis été au XVI e et au xvii^ siècle Philippe et Guillaume, avait particulièrement à cœur le vote de cet article. Elle se heurta à l'opposition catégorique de la Chambre des Lords : si la reine mourait, le Prince Consort devrait-il avou* le pas sur l'héritier du trône? Wellington voulait reléguer Albert après tous les princes du sang. De guerre lasse, on décida de ne pas mentionner la question de la préséance dans la loi de naturalisation^.

Le mariage fut célébré le 10 février au milieu des acclamations. Quatre mois plus tard, l'attentat manqué d'un jeune fou valut au couple royal un regain d'ovations. La reine devint enceinte; et le Parlement vota sans débats une loi qui faisait d'Albert le régent éventuel du royaume. Elle lui accorda, par un warrant, le droit de préséance que la Chambre des Lords lui avait refusé ^; et, le jour de la clôture du Parlement, le prince présida, assis sur un fauteuil à la gauche du trône. Ainsi s'atténuait le sentiment d'humiliation que les factions aristocratiques, les partis politiques, l'exclusivisme national de l'opinion et de la presse, s'étaient plu à infliger à Albert. Mais il continuait à subir d'autres humiliations, plus secrètes non moins cuisantes, dans son propre ménage.

La jeune reine, très autoritaire, avait pris un mari pour se distraire, avec un jeune homme de son âge, des soucis de la politique : il ne lui était pas venu un instant à l'esprit, au moment même où elle désirait pour

1. H. of C. 24, 27 janvier 1840 (Pari. Deb., 3rd ser., vol. LL pp. 554 sqq., 584 sqq.). — Cf. Stockmar. Memoirs, vol. II, p. 30 : As I was leaving the Palace... Melbourne ... u«ed the follo\Ning remarkable and true words.... «The Prince will doubtiess be very much irritated against the Tories. But it Is not the Tories alone, wliom the Prince lias to thank for the curtailment of bis appanage. It is the Tories, tlie Radicals, and a good many of our oum people. »

2. H. of L., 27 janvier, 3 février 1840 (Pari. Deb., 3rd ser., vol. LI, pp. 575 sqq., 1079 sqq.).

3. Qui eut la première idée de résoudre le problème de la préséance en recourant à la prérogative? lord Melbourne? ou Greville lui-même? \'. à ce sujet Queen Vidoria's Diary,3 février 1840 { Girlhood of Queen Victoria, vol. II, p. 313); et Grevillt Memoirs, 31 janvier, 13, 16 fésTier 1840. — Stockmar avait suggéré que l'on procédât par Order in Council (^Memoirs, vol. II, p. 34-5).

lui des honneurs royaux, de se donner en lui un maître, ni même un conseiller. Malgré les instances du roi des Belges, elle refusa de lui accorder un siège à la Chambre des Pairs ^. Malgré les instances d'Albert lui-même, elle ne lui permit pas de choisir à son gré les gentilshommes de sa propre maison; et tout d'abord, pour secrétaire privé, elle lui imposa l'Anglais George Anson, membre éprouvé du parti whig, et secrétaire de lord Melbourne ^. L'espoir lui fut même interdit de se faire un salon, en marge de la politique, suivant l'usage des petites cours allemandes, de recevoir des savants, des professeurs, des artistes. La reine « n'avait pas envie d'encourager ces gens-là. Elle sentait que son éducation ne l'avait pas préparée àprendrepart à de pareilles conversations'. » Finalement, George Anson prit le prince en pitié, il parla de la chose à lord Melbourne et à Stockmar, qui raisonnèrent Victoria et la persuadèrent qu'elle pouvait, sans manquer à ses devoirs de reine, mettre le prince Albert dans la confidence des affaires de l'État •*. Dès le mois d'août, nous le voyons activement occupé — et non sans fruit, du moins il s'en flatte ^ — du grave problème diplomatique qui absorba, vers ce moment, toute l'attention des hommes d'État anglais.

LORD PALMERSTON ET LO U IS- PH I Ll PPE. LE CONFLIT DE 1840

Il s'agissait des relations anglo-françaises.

CONFLITS AVEC ^, i f ^4- + "4- ..

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