‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècle (volume 2)Chapitre 104 sur 158 · Guizot, Mémoires, vol. IV, pp · texte numérisé non relu

Guizot, Mémoires, vol. IV, pp

Constantinople avait, le 27 juillet, apposé sa signature à la note collective * ; puis, lorsque, le 13 septembre, il vit arriver à Londres le baron Brunnow, envoyé en mission spéciale par l'Empereur de Russie pour régler la question d'Orient ^ En décembre, Brunnow, après avoir été prendre de nouvelles instructions à Saint-Pétersbourg, rapportait l'entière adhésion de la Russie aux vues anglaises. Au pacha l'Egypte et la Syrie héréditaires jusqu'à la forteresse d'Acre; entente militaire de la Russie et des autres puissances pour la défense du Bosphore. « On est très sûr de l'accord de l'Autriche, de l'Angleterre et même de la Prusse..., on espère que la France ne voudra pas s'isoler des autres puissances et unira son action à la leur ^. » C'est ainsi qu'au 1^^ janvier 1840 le retournement des ententes était accompli. Ce n'étaient plus quatre puissances qui sommaient la Russie de renoncer à la défense de ses intérêts turcs; c'étaient quatre puissances — les alliés de 1814 et de 1815 — qui sommaient la France, en s'unissant à elles, de déserter la cause du pacha. Six mois plus tard, — Thiers étant maintenant premier ministre en France, et Guizot son ambassadeur à Londres, — lord Palmerston tira prétexte du fait que Thiers avait encouragé des tractations directes de paix entre Constantinople et le Caire pour considérer la convention de juillet 1839 comme violée par la France et arracher à ses collègues déconcertés leur consentement à un traité secret, signé le 15 juillet entre l'Angleterre, l'Autriche, la Russie et la Prusse, pour sommer le pacha d'Egypte d'accepter les conditions imposées par elles, sous peine de perdre dans un délai de dix jours l'administration du pachalik d'Acre, et, dans un délai de vingt jours, l'Egypte héréditaire. Lord Palmerston refusa communication du traité au Parlement sous prétexte qu'il n'était pas ratifié *; il n'expliqua pas que les signataires avaient convenu qu'on n'attendrait pas la ratification pour procéder aux mesures militaires prévues par le traité. Après quoi le Parlement entra en vacances, les gouvernements restant seuls en présence au moment où la crise devait nécessairement atteindre son plus haut degré d'acuité.

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