Guizot, Mémoires, vol. V, p
2. Sur cette campagne de meetings, les discours qui v furent prononcés, voir Quart. Rei)., vol. LXVII, p. 261 sqq.
LA POLITIQUE PARLEMExNTAIRK. 247
débuts d'écrivain politique en combattant la russophobie belliqueuse d'Urquhart, en réfutant la théorie de l'équilibre européen où il voyait un prétexte hypocrite à des guerres de conquête et de prestige, en démontrant que toute guerre coûte plus qu'elle ne rapporte, et avait donné au principe de non-intervention une base nouvelle en fondant un pacifisme radical sur la théorie économique du libre-échange ^. Maintenant qu'il s'agissait d'être entraîné peut-être dans une guerre avec la France par une alliance avec la Russie, Urquhart se trouvait soudain, par haine de la Russie, transporté dans le camp de la paix. Sous la conduite d'Urquhart et de Cobden, libéraux et révolutionnaires, manufacturiers et ouvriers, si gravement divisés qu'ils fussent en cet instant même, se trouvaient d'accord pour combattre lord Palmerston. Un membre de la famille Stanley, venu de Lancashire à Londres et causant avec Greville, exprimait à celui-ci l'opinion que « lord Palmerston ne savait pas ce qui se passait là-bas, et ne le croirait pas si on le lui disait ^ ».
Si peut-être il était mal renseigné sur ce qui se disait dans le nord, du moins savait-il à quels obstacles il se heurtait dans les cercles diplomatiques, à la cour, et dans son propre cabinet. Lord Granville, l'ambassadeur d'Angleterre à Paris, blâmait ouvertement la politique de son chef, et, pendant tout le mois de septembre, s'absentait de son poste, abandonnant la conduite des affaires à son premier secrétaire, Henry Bulwer, plus docile, mais qui lui-même déplorait le traité du 15 juillet, réponse maladroite aux avances faites par Thiers à l'Angleterre après sou arrivée au pouvoir ^. A Vienne, lord Beauvale, le propre frère de lord
1. Dans le Parlement de 1835, Cobden avait fait au moins une recrue. Voir le discours prononcé par Roebuck sur les affaires d'Espagne (H. of C, 19 avril 1837 : Mr. Roebuck «... professed to take very little interest in those questions : considering that they were treated by the respective leading parties in the House as mère implements for efïecting their own particular objects ». Et, son discours fini, au lieu de se rasseoir, il sort de la salle des séances, afin de marquer, par cette manifestation, son isolement doctrinal (Ann. Reg., 1837, p. 202). Il ne fait point partie de la Chambre de 1837; mais les allusions de Macaulay au début de son article de VEdinburgh Review (janvier 1841, art. IX. France and the East; vol. LXXII, p. 529), de lord Brougham dans son discours à la Chambre des Lords, 26 janvier 1841 (Parl.Deb., 3rd ser., vol. LVI, p. 17), prouvent quels progrès avaient fait dans l'opinion les idées de Cobden. V. encore Ed. Rev., janvier 1839, art. ix. Foreign Relations of Great Britain (vol. LXVIII, pp. 495 sqq.); notamment p. 496; There cannot be a greater delusion than those labour under who entertain a jealousy of this country meddling with the afîairs of the Continent. Many very worthy and enlightened men, — men whose views are sound upon most other subjects, — are persuaded that such connections lead to war. Thej- probably might, if formed on bad principles; and they certainly would, if conducted in a meddling and encroaching spirit. But even then it would be difficult to conceive a state of things, involving us in hostilities, which would not also hâve existed and brought on the last of national calamities just as much [as] if we had kept aloof from ail concera in European afîairs.