‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècle (volume 2)Chapitre 110 sur 158 · Ure, Phil. of Man., pp · texte numérisé non relu

Ure, Phil. of Man., pp

active que l'Angleterre ne suffisait plus à lui fournir la matière première dont elle avait besoin : il fallait, malgré l'accroissement de la production indigène, importer des laines allemandes, espagnoles, australiennes et russes ^ L'industrie de la soie, depuis que Huskisson avait remanié le régime douanier auquel elle était soumise, avait pris un subit essor; non pas à Spitalfields où elle dépérissait, mais dans le centre nouveau qu'elle s'était constitué au Lancashire. Cependant ni l'industrie de la laine ni celle de la soie n'avaient des allures conquérantes. Les exportations de lainages restaient stationnaires, les exportations de soieries étaient insignifiantes. C'étaient les cotonnades anglaises qui, débordant chaque année davantage le marché intérieur, envahissaient le monde entier. Une moitié des exportations anglaises était constituée par les produits de l'industrie cotonnière ^ ; et ces exportations — filés de coton et cotonnades — étaient, à elles seules, égales au double des exportations totales de l'empire russe ^. Les manufactures, qui consommaient en 1815 trente-cinq millions de kilogrammes de coton brut, en consommaient cent dix-sept millions en 1832, cent cinquante millions en 1835 ^; et tout faisait prévoir de nouveaux accroissements pour l'avenir. Le docteur Kay, un des commissaires de la Loi des Pauvres, rendant compte, en 1835, du nombre de machines à vapeur récemment construites ou actuellement en construction qui seraient mises en œuvre, avant un an ou deux, dans le district à coton du Lancashire et des environs, estimait que cent soixante-neuf manufactures allaient s'ouvrir à ces nouveaux moteurs, dont la force pouvait être évaluée à sept mille cinq cents chevauxvapeur, et qui appelleraient au travail plus de quarante-trois mille individus ^.

Si les manufactures de coton du Lancashire avaient acquis une telle

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