‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècle (volume 2)Chapitre 111 sur 158 · G. R. Porter, Progress of the Nation, vol. I, p · texte numérisé non relu

G. R. Porter, Progress of the Nation, vol. I, p

5. G, P. Porter, Progress of the Nation, \ol. 1, p. 239. — Les recensements décennaux donnent une idée exacte de la rapidité — plus grande que pour le reste du royaume — avec laquelle s'accroît la population de Lancashire depuis le début du siècle. Chiffres pour la Grande-Bretagne (population civile) : 1801 : 10 472 048; 1811 : 11 969 364

(accroissement : 14 ^ p. 100); 1821 : 14 072 331 (accroissement : 17 p. 100); 1831 :

16 260 381 (accroissement : 15 ^ p. 100); 1841 : 18 535 786 (accroissement : 12,9

p. 100). — Pour le Lancashire : 1801 : 672 731 ; 1811 : 828 309 (accroissement : 23 p. 100); 1821 : 1 052 859 (accroissement : 27 p. 100) ; 1831 : 1 336 854 (accroissement : 27 p. 100) ; 184Î : 1 667 064 (accroissement : 24,7 p. 100).

supériorité sur celles du monde entier, malgré la nécessité où elles se trouvaient d'aller acheter leurs matières premières au bout du monde, malgré les salaires exceptionnellement élevés qu'elles payaient à leurs ouvriers, elles le devaient à l'excellence de leur outillage mécanique : et la fabrication des machines, non seulement pour les besoins de l'industrie nationale mais aussi pour l'exportation, était encore une des sources de richesse du Lancashire ^. Pour construire ces machines, il fallait du fer. Pour transformer le minerai de fer en fonte, pour actionner les machines, il fallait de la houille. D'où une impulsion nouvelle à l'exploitation des richesses naturelles dont jouissait l'Angleterre. « Il faut venir en Angleterre, écrivait un contemporain français, pour apprécier l'utilité du fer. La nécessité où les Anglais se sont trouvés de l'employer à la place du bois qui leur manque, les a conduits à le fabriquer à très-bas prix, et à l'apphquer à une foule d'usages auxquels, sur le continent, nous ne croirions pas qu'on pût le plier. C'est la fonte, c'est le fer en barres, c'est la tôle, c'est l'acier que l'on y trouve à chaque pas sous des formes nouvelles : machines, piliers, colonnes de toutes dimensions, depuis deux pouces jusqu'à quatre pieds de diamètre, conduites d'eau et de gaz, ornières dans les rues, grilles, bornes, ponts, planchers, toitures, quais entiers, chemins. Sans la fonte et le fer, ces contractions bien aérées et bien éclairées, si légères en apparence, qui supportent néanmoins d'énormes charges, comme les magasins à six étages du dock de Sainte-Catherine à Londres, seraient des bastilles épaisses et obscures, avec de lourds et laids poteaux de bois, des massifs et des contreforts en briques. Ce gaz qui vient d'une distance de trois lieues, c'est la fonte qui l'amène, le fer qui le distille. Ces ponts élancés, ces passerelles élégantes sur les canaux, entre les bassins, c'est de la fonte et du fer, tout comme les colonnes cannelées qui bornent Regent's Street^. » Mais la véritable merveille, pour les observateurs étrangers, c'étaient ces « chemins de fer « sur lesquels des wagons en fer, traînés par des locomotives, commençaient à parcourir l'Angleterre.

1. L'exportation des machines passa d'une valeur de 60 028 1. en 1831 à 387 097 1. en 1840 {H. of C, 16 février 1841, discours de Marie Philips; Pari. Deb., 3rd ser., vol. LVL p. 674). — Cf. A. Ure, Phil. of Man., p. 39 : In the course of iast year, Mr. Fairbanks equipped waterwheels équivalent to 700 horses' power, from bis engineer factory alone, independent of his millwright and steam-boiler establishment. Hence, whenever capital cornes forward to take advantage of an improved demand for goods, the means of fructifying it are provided with such rapidity, that it may realize Its own amount in profit, ère an analogous factory could be set a going in France, Belgium, or Germany.

2. Michel Chevalier, Lettres sur l'Amérique du Nord, vol. 1, note 5, p. 325.

La première expérience heureuse avait été

LA MACHINE A r -i / , ^ , . •

VAPEUR APPLIQUÉE Yorkshire quand on avait inau-

AUX TRANSPORTS ë^^^> en septembre 1825, la ligne de Stockport

à Darlington : mais c'est en 1828 que les capitalistes du Lancashirc avaient donné vraiment le branle au mouvement en construisant la ligne qui joignit Manchester et Liverpool. Cette ligne une fois ouverte, le Parlement avait été fort lent à accorder les concessions nouvelles qui lui étaient demandées : la ligne de Londres à Birmingham qui, prolongée par une autre ligne joignant Birmingham et Manchester, établirait des communications rapides entre la capitale et les régions industrielles du nord, projetée en 1830, ne fut concédée en dernière instance par la Chambre des Lords qu'en 1833. Le public lui-même n'accorda pas tout de suite sa faveur aux projets de voies nouvelles, et les actions de la compagnie Londres-Birmingham restèrent plusieurs années au-dessous du pair ^. En 1835, Cobden opposait encore l'inertie anglaise à l'activité déployée par les Américains, qui construisaient en moins de sept ans seize cents kilomètres de voies ferrées '. En 1836, tout changea, et les Anglais mirent brusquement une activité fébrile à la construction de leurs chemins de fer. II y avait déjà en 1837 près de six cents kilomètres de voies ferrées en exploitation, près de sept cents kilomètres en construction : et la liste des compagnies nouvelles, chaque année autorisées par des lois spéciales du Parlement, encombrait les pages du bulletin des lois"*.

C'est d'abord au transport des voyageurs que les compagnies de chemins de fer s'intéressèrent. Car le grand avantage de la locomotion mécanique, c'était la rapidité du transport, qui importait surtout aux voyageurs : au point de vue de l'économie, on ne prévoyait pas que le réseau ferré pût rivaliser avec les excellents canaux dont les industriels

1. Ed. Rev., octobre 1834, art. vi. Improvements in Inland Transport (vol. LX, p. 107).

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