‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècle (volume 2)Chapitre 115 sur 158 · T. Tooke, History of Priées, vol. II, p · texte numérisé non relu

T. Tooke, History of Priées, vol. II, p

4. 1836 : 85 220 000 1. ; 1837 : 72 544 000 1. ; 1838 : 92 454 000 1. ; 1839 : 97 395 000 1. ; 1840 : 102 707 000 1. —Chiffre de 1825 : 47 151 000 1. ; de 1827 (après la crise) : 52 222 000 1. W. Page, Commerce and Industry, Tables of Statistics for the British Empire from ■1815, vol. II, p. 71.

5. T. Tooke, Hist of Priées, vol. II, pp. 281, 300; vol. III, p. 78.

réforme bancaire du président Jackson draina l'or européen, l'or anglais en particulier; et cet afflux d'or anglais provoqua en Amérique une fièvre de spéculation, qui provoqua à son tour un nouvel appel d'or. La crise de 1836 atteignit son maximum d'intensité à Londres, au mois de février 1837, quand trois banques américaines appelèrent la Banque d'Angleterre à leur aide ; une seconde fois, en mai, elles demandèrent encore son assistance, se la virent refuser et firent faillite. Même phénomène en 1839, quand la Banque des États-Unis, dont l'exemple fut suivi par plusieurs banques locales, imagina d'avancer de l'argent aux planteurs de coton, afin de retarder le moment de la vente et de faire payer leur marchandise à plus haut prix par les fabricants du Lancashire. Ceux-ci répondirent à cette attaque en ralentissant la production dans leurs ateliers, afin de diminuer leurs commandes de matières premières. D'où crise nouvelle, explicable, comme la crise de 1837, par la solidarité qui existait entre le marché anglais, particulièrement le marché du Lancashire, et le marché américain ^. Si la France ne connaissait pas de troubles économiques qui fussent comparables à ceux dont souffrait l'Angleterre, c'est que, plus agricole, commercialement moins développée, elle était moins exposée à subir le contre-coup des désordres qui pouvaient se produire sur les points les plus éloignés du globe ^.

Comment cependant ne pas rendre responsable des difficultés où, de nouveau, après quatre années de prospérité, se débattait le pays, la politique de la Banque d'Angleterre elle-même? C'était toujours aux vieilles objections de Grenfell et de Ricardo que la Banque se trouvait en butte: elle ne pouvait être tout à la fois société de banque et grand service public, banque de dépôt et d'escompte gérée par un groupe de gros négociants et banque d'émission à laquelle il incombait de servir de régulatrice à toute la circulation du royaume. On lui reprochait d'avoir, pendant la période de suractivité industrielle qui suivit 1832, abusivement compté à son actif certains dépôts dont elle avait la jouissance temporaire : dépôt fait par la Compagnie des Indes Orientales, montant de l'emprunt ouvert en vue d'indemniser, après l'émancipation des noirs, les planteurs des Indes Occidentales ^. Elle avait, en conséquence, laissé drainer son or, et enflé outre mesure son portefeuille. Elle avait prêté de l'argent en Amérique pour faciliter au commerce américain le paiement de ses dettes en Angleterre. Elle avait prêté de l'argent en Angleterre au-

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