Philosopby of Manufactures, p
2. H. of C, 4 mars 1835 : motion de lord Morpeth et réponse de Goulbum (H. of C, Pari. Deb., 3rd ser., vol. XXV, pp. 526 sqq.).
3. H. of C, 9 mai 1836 {Pari. Deb., 3rd ser., vol. XXXIII, pp. 737 sqq.).
4. Alfred. Hist. of the Fadory Movement, vol. II, pp. 83, 121.
5. H. of C, 21 juiUet 1838 (Pari. Deb., 3rd ser., vol. XL IV, pp. 394-6, 430-2).
systématiquement l'assistance publique hors de la portée des indigents *. Dans le workhouse, nulle distinction entre l'ouvrier honnête, victime du chômage, et le demi-criminel qui s'était fait du chômage une profession : la loi ne voulait-elle pas que l'indigent fût a priori considéré comme un coupable? On y était mal couché, mal chaulïé, mal nourri : les règlements ne voulaient-ils pas que les conditions d'existence y fussent inférieures aux conditions d'existence de l'ouvrier le moins bien payé de la région? Les indigents qui recevaient l'assistance dans le workhouse étaient en outre, pour des raisons de moralité aussi bien que d'économie, séparés selon l'âge et le sexe : les ennemis de la nouvelle Loi des Pauvres regrettaient l'ancien régime débonnaire des paroisses, qui permettait souvent au mari et à la femme de faire ménage commun dans le petit poor-house local ^. Une fois entré dans le workhouse, on ne pouvait plus mettre le pied dehors, sans perdre immédiatement le bénéfice de l'assistance et accepter de se soumettre, pour y rentrer, à de longues formalités administratives. Même le dimanche, aucun droit de sortir pour aller à l'Église : un chapelain venait, dans le workhouse, célébrer l'office divin à l'usage des détenus *. Car c'étaient bien des détenus qui étaient mis sous clef dans ces nouvelles « Bastilles ». Et voilà donc où venait aboutir le nouveau libéralisme, vainqueur en 1832. Si l'ouvrier voulait travailler, il fallait qu'il se mît en prison dans une usine; s'il se trouvait sans travail, il fallait que, pour obtenir du secours, il allât se remettre en prison.
Ces plaintes trouvèrent d'abord peu d'écho dans le pays. La grande prospérité dont jouissait l'Angleterre depuis 1832, et qui parut grandir encore immédiatement après le vote de la nouvelle Loi des Pauvres, permit aux trois commissaires d'accomplir, dans les meilleures conditions de succès et avec beaucoup de rapidité, leur œuvre de réorganisation administrative. Dès la première année, des boards of guardians furent constitués dans cent douze unions, groupant deux mille soixante-six paroisses; au cours de la deuxième, dans deux cent trente-neuf unions, groupant cinq mille huit cents paroisses. Au mois de juillet 1837, sur treize mille quatre cent trente-trois paroisses anglaises, il n'en restait que treize cents auxquelles n'eût pas été appliquée la réforme; et la popu-
1. H. of L., 17 mars 1835 : discours du duc de Buckingham {Pari. Deb., 3rd ser., vol. XXVI, p. 1056). — H. of C, 7 août 1838 : discours de Fielden {Pari. Deb.. 3rd ser., vol. XLIV, pp. 1045 sqq.).
2. H. of C, 17 mars 1835 : discours du duc de Buckingham (Par/. Deb., 3ri! ser., vol. XXVL p. 1056). — H. of C, 13 mai 1835, discours de Walter (Par/. Deb., 3rds er., vol. XXVII, p. 1052).
3. H. of C, 22 juin lcS36 ; discours de Maclean (Par/. Deb., Srd ser., vol. XXXIV, p. 720).
lation de ces treize cents paroisses était inférieure au quart de la population totale du royaume ^.
L'adoption du nouveau régime d'assistance entraînait-elle les conséquences espérées par ceux qui l'avaient préconisé? entraînait-elle en particulier cet allégement de l'impôt des pauvres auquel aspiraient les classes dirigeantes? Les statistiques permettent de répondre affirmativement à cette question, bien qu'il n'apparaisse pas clairement dans quelle mesure cet abaissement des charges fiscales avait pour cause l'application de la loi nouvelle ou l'amélioration de la situation économique. Si nous voyons en effet le Poor Rate descendre de 6 317 000 1. en 1834 à 5 526 000 1. en 1835, à 4 718 000 1. en 1836, pour s'abaisser finalement en 1837 à 4 045 000 1., il convient d'ajouter que la baisse avait commencé à se produire non pas en 1834, année du vote de la loi nouvelle, mais en 1832, année du rétablissement des affaires : cette année-là, le Poor Rate avait atteint le chiffre de 7 037 000 1., pour s'abaisser en 1833 à 6 791 0001..
Est-ce que, d'autre part, cette diminution des frais d'assistance signifiait, comme le prétendaient les adversaires de la loi de 1834, que la classe ouvrière, plus durement traitée par la classe dirigeante, était plus malheureuse? Les commissaires, dans leurs rapports, affirmaient que le seul effet de la législation nouvelle avait été de moraliser les classes pauvres, et, par suite, d'améliorer leur situation économique. Les ouvriers agricoles buvaient moins, et l'on constatait une diminution du nombre des débits qui pullulaient depuis 1830. Plus d'argent affluait vers les caisses d'épargne, et les sociétés de secours mutuel étaient d'année en année plus prospères. Si d'ailleurs il y avait peut-être surabondance de main-d'œuvre dans les comtés agricoles du sud, la loi de 1834 donnait aux commissaires le pouvoir de transporter cette main-d'œuvre là où elle était plus demandée. Ils usèrent de ce pouvoir, envoyèrent des ouvriers agricoles sans travail — en assez petit nombre, cinq mille environ — peupler l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Ils en dirigèrent un nombre beaucoup plus considérable vers les usines du Lancashire, où ceux-ci gagnèrent tout de suite.. des salaires doubles ou triples de ceux qu'ils avaient gagnés sur les fermes du Sussex et du Devonshire.