‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècle (volume 2)Chapitre 120 sur 158 · LA NOUVELLE LOI · texte numérisé non relu

LA NOUVELLE LOI

DES PAUVRES ^^^> po^r apaiser le mécontentement des basses

classes, on revînt à la pratique du secours à domicile. Les commissaires de la Loi des Pauvres opposèrent à cette demande un refus formel : si l'on ne réussissait pas à franchir la crise sans violer le principe même de la loi, c'en était fait de leur œuvre. Mais, du même coup, ils déchaînèrent les colères qui, depuis deux années, s'accumulaient : contre les trois « tyrans », les trois « pachas », une véritable insurrection s'organisa.

C'était le moment où, ayant achevé de grouper en unions les paroisses de l'Angleterre méridionale, les commissaires entreprenaient le même travail dans l'Angleterre du Nord; et, quand, dans ces régions, Vunion étant une fois délimitée sur le papier, la question se posait de construire effectivement le workhouse, la résistance populaire pouvait devenir dangereuse ^ A Todmorden dans le Lancashire, Fielden, le gros industriel radical dont nous avons vu quel était le zèle pour la législation des fabriques, s'opposa, avec l'appui de tous ses ouvriers, à ce qu'un workhouse fût édifié; et les autorités eurent la prudence de battre en retraite^. Deux chefs redoutables prirent la direction de l'agitation hostile à la Loi des Pauvres : Oastler dans le Yorkshire, et dans le Lancashire un certain Joseph Rayner Stephens, un méthodiste comme Oastler, qui avait rompu avec la hiérarchie wesleyenne et pris la tête d'une petite secte indépendante. Oastler et Stephens fondaient partout des Anti-Poor-Law Associations qui finirent par se fédérer en une association unique^. Dans d'immenses réunions publiques, ils attisèrent l'indignation populaire contre la double tyrannie de la fabrique et du workhouse.

« Voyez, criait Stephens, cette fabrique et ces insolentes cheminées : chaque brique de cette usine est cimentée avec le sang des femmes et des petits enfants. » Et encore : « Plutôt que de voir la femme et le mari, le père et le fils séparés et jetés au cachot, plutôt que de voir la femme ou la fille revêtir l'uniforme de la prison, je veux que tout Newcastle flambe, sans autre ressource pour arrêter l'incendie que de l'éteindre avec le sang de ceux qui ont fait adopter cette abominable mesure"* ». Entendons bien le caractère de cette campagne. Stephens et Oastler persistaient à se donner

1. Fifth Annual Report of the Poor Law Commissionners, 1839, pp. 19-20.

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