‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècle (volume 2)Chapitre 121 sur 158 · Times, 8 février · texte numérisé non relu

Times, 8 février

4. R. G. Gammage, Hist. of the Chartist Movement, pp. 56, 59.

pour des tories, des « réactionnaires » au sens philosophique de ce mot. Les horreurs de la grande industrie avaient fait d'eux, malgré eux, des hommes de sang : ils aspiraient à ramener leur pays « en arrière », au temps où l'on ne connaissait encore ni les usines ni les machines à vapeur. Et ils trouvaient en conséquence des sympathies dans le parti conservateur.

La gentry tory avait d'abord accueilli la nouvelle Loi des Pauvres avec satisfaction : cette loi n'avait-elle pas été votée dans son intérêt, pour alléger ses charges fiscales et la mettre, dans les comtés du sud, à l'abri de la guerre agraire? Mais à présent que, le problème social se trouvant heureusement résolu dans le sud par deux années d'application paisible du système,il s'agissait de l'appliquer dans le nord, et que là-bas la colère des ennemis delà Loi des Pauvres se tournait contre les chefs d'industrie, la gentry sentit bien vite qu'il était de son intérêt de s'allier avec les mécontents contre les parvenus des grandes usines. A Londres, John Walter fit du Times, devenu un organe d'opposition conservatrice, le bulletin officiel de VAnti-Poor-Law. Et peut-être ne fallait-il voir là qu'une excentricité d'un journaliste ambitieux qui avait fait de la chute du ministère whig son affaire, et pour qui, contre ce ministère, toutes les armes étaient bonnes *. Il n'en est pas moins vrai qu'il eut, dans cette campagne, l'approbation de son public. Ses lecteurs étaient contents de s'attendrir sur les victimes présumées de la bureaucratie libérale, et de voir ainsi discréditée la politique d'un ministère soi-disant populaire. Ce sentimentalisme assez vague, on en trouvera la meilleure expression dans les écrits d'un jeune romancier qui s'éveillait alors à la gloire. Charles Dickens, devenu célèbre par la publication de ses Pickwick Papers, inaugura, l'année suivante, avec son Oliver Twist, la série de ses grands romans sociaux. Avocat des pauvres gens contre l'indifférence bourgeoise, il rêvait d'un retour aux bons temps de la vieille Angleterre qui n'avait inventé encore ni le machinisme ni l'utilitarisme, qui n'avait écouté les leçons ni de Ricardo ni de Bentham. Oliver Twist, enfant persécuté.

1. Citons à titre anecdotique, l'histoire amusante, racontée par le Manchester and Salford Advertiser, 30 juin 1838, ries causes premières auxquelles les whigs attribuaient cette campagne du Times. Edwin Chadwick, « le grand Chadwick », avait commencé par gagner sa vie en faisant, sous les ordres de Walter, le reportage le plus humble. » Hère was the source of Mr. Walter's spite. His Berkshire neighbours were immersed in pauper-jobling. His own parish received a severe Visitation frora the man who had so often made his early readers stare with astonishment at « dreadful fires i, shocking accidents ande normities in the vegetable and animal world. Enough, Mr. Walter forihwith took a seat for Berkshirt.', and made war upon the new Poor Law. This is more raonstrous than any of Chadwick's fictions : and yet the whigs hâve put it about as a fact ».

se trouve, au cours de ses aventures, enfermé dans un workhouse, dont il s'évade : ce chapitre du livre de Dickens faisait pénétrer dans des milliers de familles bourgeoises la propagande de V Anti-Poor-Law.

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