Morning Chronicle, 16 février
fonder, en marge du whiggisme ministériel, un parti radical autonome. O'Connell était beaucoup moins désireux de se brouiller avec les ministres. Ce qu'il voulait, c'était, pour rendre service au ministère, briser le dangereux mouvement d'agitation contre la Loi des Pauvres en dressant, dans les milieux révolutionnaires, le contre-programme de la réforme du droit électoral ^.
L'organisation essaima en province. A partir de février, des « missionnaires » quittèrent Londres pour fonder, à travers l'Angleterre, des « associations de travailleurs » : on en comptait, avant la fin de l'année, une centaine, cent cinquante en 1838. Mais le succès le plus important que remporta 1' « Association Londonienne des Travailleurs » au cours de cette campagne de propagande, ce fut l'adhésion de la fameuse « Union Politique » de Birmingham. Elle sommeillait depuis 1832; à présent qu'une crise nouvelle éclatait, il était naturel qu' Attwood se mît en mouvement. Excellente occasion pour lui de reprendre sa démonstration : l'Angleterre payait, à l'en croire, le prix de l'absurde bill de Robert Peel, qui avait ruiné le pays, en 1819, par le retour au paiement en espèces et la baisse générale des prix. Pour surmonter la crise il suggérait toujours le même remède : le relèvement des prix par une vaste émission de papiermonnaie. Seulement il se trouva débordé, en peu de mois, au sein de son « Union » locale, qui devint purement et simplement un groupe de propagande pour l'établissement du suffrage universel.
C'est au début de 1838 que le programme LE SOULÈVEMENT ^jgg radicaux de Londres et de Birmingham,