‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècle (volume 2)Chapitre 129 sur 158 · M. Hovell, Chartist Movement, p · texte numérisé non relu

M. Hovell, Chartist Movement, p

4. R. G. Gammage, History of the Chartist Movement, p. 143. — Sur le cabaretier Benbow, sa brochure de 1832 intitulée Grand National Holidag and Congress of the Productive Classes, et la première apparition, à cette date, de l'idée de grève générale, voir E. Dolléans. Le Chartisme, 1912, vol. I, pp. 122 sqq.

qu'il semble avoir jamais été impatient de prendre la tête d'une révolution : il était né pour la parole plus que pour l'action. Mais, comme O'Connell, bien que sur un autre théâtre, il lui fallait utiliser contre les radicaux légalitaires du sud, échauffer et maîtriser à la fois les violents qui, dans le nord, rêvaient d'une guerre sociale : en première Hgne, parmi ceux-là, ceux qui faisaient campagne, depuis de longs mois, contre la servitude de l'usine et la servitude du workhouse.

Nous avons vu qu'O'Connell avait, en 1837, considéré l'agitation pour le suffrage universel comme devant faire diversion à l'agitation contre la Loi des Pauvres de 1834. Francis Place, Roebuck, tous les radicaux du groupe de Bentham pensaient comme lui : la Loi des Pauvres était leur œuvre. Il est bien probable que les hommes de 1' « Association des Travailleurs » partagèrent dès le début, ou apprirent rapidement à partager la défiance des radicaux parlementaires à l'égard des agitateurs qui attaquaient la Loi des Pauvres pour le compte du parti tory. Même état d'esprit chez les bourgeois de Birmingham qui, après avoir tant contribué à la victoire libérale de 1832, venaient d'obtenir pour leur ville une charte d'incorporation, et, ayant envahi tous les postes de l'administration municipale, patronnaient ouvertement le mouvement. Lorsque, quelques mois plus tard, 1' « Association » de Londres désira tenir une réunion en faveur du suffrage universel, et voulut la tenir dans Palace Yard, elle obtint, pour appuyer sa demande, la signature des plus notables habitants de Westminster ^. En vérité, le manifeste initial des radicaux exprimait leur dessein sous une forme équivoque. « Camarades! y lisait-on, ne vous laissez pas égarer par la promesse d'abroger la Loi des Pauvres détestée, ou n'importe laquelle des lois infâmes que whigs et tories se sont unis pour voter, si la promesse n'est pas accompagnée par l'adhésion au programme du Suffrage universel ^. » Mais c'est précisément cette diversion politique que Feargus O'Connor et les hommes de r « Étoile du Nord » voulaient empêcher.

Depuis sa fondation,!' «Étoile du Nord «faisait campagne contre la Loi des Pauvres en même temps que pour le suffrage universel. Ce fut la tactique de Feargus O'Connor : il n'admit jamais que la première reven-

Page 1