‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècle (volume 2)Chapitre 141 sur 158 · MINISTÉRIELLE · texte numérisé non relu

MINISTÉRIELLE

MESURES Bataille au cours ae laquelle les tories repro-

DE CONCILIATION chèrent aux libéraux de n'avoir pas montré la

fermeté nécessaire, de s'être mis, par les preuves répétées de faiblesse qu'ils avaient données depuis 1832, dans l'impossibilité morale de résister : on ne pouvait impunément se coaliser

1. Voir le texte complet de l'adresse, Life and Slruggles of William Lovett, pp. 209 sqq.

avec les agitateurs irlandais sans donner un encouragement indirect à l'agitation révolutionnaire en Angleterre. Le cabinet, qui se trouvait dans une situation très difficile, sans majorité assurée dans le Parlement ni dans le pays, sut néanmoins durer, résister à la panique, dominer l'émeute, sans recourir, comme avaient fait les torit:s vingt ans plus tôt, comme ils avaient fait eux-mêmes en Irlande six ans plus tôt, à des lois d'exception. Le Discours du Trône avait déclaré que le ministère se contenterait des lois existantes, appliquées avec fermeté, et qu'il comptait sur le bon sens, sur l'esprit d'ordre du peuple anglais. L'événement justifia cet optimisme. Les ministres firent le nécessaire, et strictement le nécessaire, pour limiter, prévenir le désordre.

Le ministère s'appliqua d'abord à atténuer l'opposition des radicaux parlementaires. On recommençait à se demander si lord Brougham \ ou lord Durham ^, allait redevenir le chef d'un parti radical organisé. Le Morning Chronicle déclarait nécessaire une nouvelle réforme parlementaire — scrutin secret, hoiisehold suffrage, parlements triennaux, — et menaçait le gouvernement de faire défection si les radicaux n'obtenaient pas des concessions ^; et nous avons vu qu'il suffît effectivement, au mois de mai, d'un accès de mauvais humeur radicale pour provoquer une crise ministérielle; qu'il fallut une intrigue de cour pour ramener au pouvoir lord Melbourne et lord John Russell. Que faire donc pour apaiser les radicaux? Lord Melbourne consentit que la question du scrutin secret fût désormais considérée comme une question « ouverte », c'est-à-dire comme une question sur laquelle chaque membre du cabinet était libre de voter à son gré *. Le 18 juin, un membre du cabinet put, avec l'autorisation de ses collègues, voter pour le scrutin secret ^; Macaulay, qui venait de se faire élire à Edimbourg sur un programme radical, fut, quelques semaines plus tard, admis dans le cabinet avec le titre de ministre de la guerre. Manifestation sans conséquence : la motion fut rejetée par plus de cent voix de majorité.

En dehors du Parlement, le ministère voulut se concilier, dans la mesure du possible, l'opinion populaire.

L'année précédente, les ministres avaient déclaré la guerre aux Trade

1. Croker à Sir Robert Peel, 12 mai 1839 (C. S. Parker, Sir Robert Peel, vol. 11^ p. 399) : ... He means to be Président not of the Council, but of the Republic.

2. Quart. Rev., janvier 1839, art. ix. Political Affairs (vol. LXIII, p. 275).

Page 1