Voir plus haut, p
2. Times, 22, 26 juillet; G, 18 décembre 1839. — Des Police Bills furent accordés aux villes de Birmingham, de Manchester, de Bolton (après les troubles de juillet) : 2 and 3 Vict., c. 87, 88, 95.
o. 2 and 3 Vict., c. 12L
Les délégués chartistes continuaient d'aller de l'avant; mais ce n'est pas sans inquiétude qu'ils sentaient croître l'hostilité de l'opinion bourgeoise. Le grand jur^' auquel avait été soumis le cas de Stephens prononçait sa mise en accusation et déclarait, sous la foi du serment, que la « Convention » était illégale ^. Quand, le 6 mai, les délégués, par rangs de deux, la rosette rouge à la boutonnière, apportaient au domicile de Thomas Attwood, roulée sur une énorme bobine, la « Pétition Nationale », signée de 1 200 000 noms, Thomas Attwood faisait des réserves sur certains points du programme, refusait d'introduire à la Chambre des Conmiunes un projet de loi en forme, et demandait aux chartistes de répudier, par une déclaration expresse, tout recours à la « force physique >>. Alors éclata la crise ministérielle : peu s'en fallut que les tories ne revinssent au pouvoir. O'Connor tira parti de cette circonstance pour reprendre une demande qu'il avait formulée une première fois le 30 avril; il proposa que la Convention se transférât, le lundi 13 mai, à Birmingham. Les timides et les violents furent d'accord pour adliérer à sa proposition. Les timides, qui redoutaient pour eux-mêmes, à Londres, une arrestation en masse par un gouvernement tory. Les violents, tout le groupe d'O'Connor, qui espéraient ainsi soustraire le mouvement à l'influence des modérés du groupe de Lovett. C'est de Birmingham, en conséquence, que fut lancé, le 13 mai, le manifeste de la Convention. Si les réponses données par les « meetings simultanés » aux questions qu'on leur posait étaient favorables, alors les délégués se réuniraient de nouveau à Birmingham pour appliquer les décisions prises. Dès que le Parlement aurait, comme il fallait s'y attendre, refusé de prendre en considération la Pétition Nationale, la * Convention » de Birmingham se mettrait en insurrection contre le Parlement de Londres et appellerait au besoin cinq cent mille hommes en armes pour marcher sur la capitale.
Les meetings simultanés eurent lieu. Les chartistes assemblés répon* dirent par l'affirmative au questionnaire de la Convention. Était-ce le prologue d'une révolution à la française? En aucune manière, et tout de suite les différences avec l'état de choses français sautent aux yeux. A Paris, la veille même du jour où les chartistes se transportèrent à Birmingham, Barbes et Blanqui avaient fait un coup de force qui, pendant quelques heures, avait mis l'Hôtel de Ville en leur pouvoir. Émeute absurde, et qui avorta; ce n'en était pas moins la caricature du mouvement révolutionnaire qui avait réussi en juillet 1830, de celui qui devait réussir en février 1848. Une minorité révolutionnaire, dans un pays fortement