‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècle (volume 2)Chapitre 145 sur 158 · Life and Struggles of William Lovett, p · texte numérisé non relu

Life and Struggles of William Lovett, p

centralisé, pouvait, en mettant la main sur le centre de la machine administrative, changer d'un jour à l'autre la forme du gouvernement. Mais les conditions, en Angleterre, étaient tout autres. D'une part, Londres ne jouait, à aucun degré, le même rôle que Paris dans la nation. D'autre part, le foyer de l'idée révolutionnaire, il fallait le chercher non pas à Londres mais dans les régions industrielles de la province. C'est effectivement dans ces régions éloignées de la capitale que les chartistes préconisaient l'adoption d'une méthode nouvelle, qui n'était pas celle des révolutions à la française : ils préconisaient le soulèvement simultané de toute la classe ouvrière, la grève générale, l'arrct concerté de tout le travail de la nation.

Malheureusement pour eux, cette méthode mjlloUYEMENT^^ ^*^^* ^'""^ application difficile. Pour qu'elle CH ARTISTE réussît, il eût fallu qu'elle ralliât l'unanimité

des volontés populaires. Mais quand donc a-t-on vu un peuple unanime à faire une révolution? Toute révolution est l'œuvre d'une minorité énergique, exploitant des circonstances favorables : les Parisiens l'ont compris, ont trouvé des circonstances favorables, et fait de Paris, pendant près d'un siècle, la ville classique de la Révolution. Les chefs chartistes voulaient, au contraire, pousser d'abord la masse du prolétariat à la grève générale politique. Mais^ avant même de gagner Birmingham, ils étaient avertis que, dans la mesure où les révolutionnaires prenaient la direction du mouvement, les masses se dérobaient, en province aussi bien qu'à Londres ^ Le Sud avait toujours été et demeurait inerte^ : les missionnaires chartistes y étaient au mois d'avril en butte aux mauvais traitements de la foule, Vincent faillit être écharpé. L'Ecosse n'avait jamais écouté les hommes de la « force physique » : plus que jamais les ouvriers de là-bas protestaient contre leurs violences. Que se passaitil, d'autre part, dans les régions que les chartistes considéraient, en Angleterre, comme leur véritable champ d'action : Birmingham, les Midlands, le West Riding, le Lancashire et les comtés du Nord? Du Worcestershire, du Warwickshire, du Staffordshire, du comté de Durham, et du West Riding lui-même, où pourtant O'Connor avait fixé son quartier général, la Convention recevait depuis un mois des nouvelles décourageantes. Restait le pays de Galles, où il semble que les dispositions populaires fussent menaçantes : mais le pays de Galles, ce n'était pas l'Angleterre '.

Page 1