‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècle (volume 2)Chapitre 15 sur 158 · Graham Wallas, Lije oj Francis Place, pp · texte numérisé non relu

Graham Wallas, Lije oj Francis Place, pp

et qui ne présenterait pas la même efficacité pour la réalisation des fins qu'on poursuivait ^ ». Deux jours plus tard, le Parlement fut prorogé non pas au mois de janvier, mais au 22 novembre.

Mesure qui s'imposait, pour peu que l'on se

L'ANGLETERRE ... , ... j i . ^ t>.

EN INSURRECTION' souciat du mamtien de 1 ordre. De provmce arrivaient d'inquiétantes nouvelles. Tout le vieux district du Luddisme était en proie à l'anarchie. A Derby, quelques émeutiers, ayant été mis en prison, furent délivrés par la foule pêle-mêle avec tous les prisonniers : la troupe intervint et il y eut plusieurs morts du côté de l'émeute ^. A Nottingham, le château, qui appartenait au duc de Newcastle, notoire entre tous les propriétaires de bourgs, fut brûlé de fond en comble *. Dans le midi, les incendies recommencèrent ^. Et cette insurrection, plus grave qu'aucune de celles que l'Angleterre avait connues après 1815, prit en même temps un caractère nouveau qui la rapprochait des insurrections du continent : la colère populaire se tourna contre le clergé de l'Église officielle. L'émancipation catholique, l'abolition du Test Ad, loin d'être des mesures d'apaisement, avaient exalté les deux groupements bénéficiaires de ces lois : catholiques d'Irlande et Dissidents d'Angleterre. Le vote de la Chambre des Lords arriva juste à pointpour resserrer, contre l'Église anglicane, la coalition des catholiques des Dissidents, et des agitateurs. C'est par quarante et une voix de majorité que le Mil fut rejeté en deuxième lecture le 8 octobre. Or, sur trente archevêques et évêques ayant droit de vote à la Chambre des Lords, deux seulement votèrent pour le bill. Sept s'abstinrent. Vingt et un

— dix-sept évêques anglais, quatre évêques irlandais — votèrent contre le bill. Si ces vingt et un avaient voté dans l'autre sens, le bill passait à une majorité d'une voix. Les évêques étaient responsables du rejet.

Lord Grey, au cours des débats, les avait avertis du péril qui les menaçait ^ : l'événement prouva qu'il avait vu juste. Les prélats, rentrant dans leurs diocèses après la prorogation, furent hués sur tout le parcours, et crurent plus d'une fois que leurs vies étaient en péril ^. A Londres, une

1. H. of L., 17 octobre 18.31 {Pari. Deb., 3rd ser., vol. VIII, pp. 850-1).

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