‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècle (volume 2)Chapitre 150 sur 158 · POLITIQUE · texte numérisé non relu

POLITIQUE

BUDGÉTAIRE mfluence était-elle appelée à exercer sur la

DU MINISTÈRE. législation? L'état mauvais, et chaque année

LA COMMISSION aggravé, des finances publiques fournissait un

^^ ^^*^ thème facile aux critiques des libre-échangistes;

SUR LES DROITS ., . -, , • • *. ru' i j i j

À T'TXfpnuTATTnxr ^^ tenait qu au ministère uberal de leur don-

ner satisfaction en remplissant les promesses qu'il avait faites quand il avait pris le pouvoir à la fin de 1830. Et

1. The Nonconformist, 14 avril 1841 : . . At présent we hâve government in excess. Every limb of the nation is pinioned by acts of parliament. Nothing is left to spontaneous growth. Restriction meets us everj'where — régulâtes our markets, impedes our commerce, cripples our industry, paralyses our religion. Thèse, in our opinion, are the natural fruits produced by mistaking the proper objects of government. The utmost liberty, compatible with social order, we take to Le the inaliénable right of ail raen.

2. A. Prentice, History of the Anti-Corn- law League, vol. I, pp. 233 sqq. — Voir un compte rendu, sympathique, de la Conférence, Morning Chronidc, 18, 19, 20, 21, 23 août 1841; ironique, Times, 19, 20, 21 août 1841.

pourquoi avoir tant tardé? D'année en année, les dépenses navales et militaires augmentaient. Jamais elles n'avaient été aussi faibles que dans le projet de budget préparé par Sir Robert Peel pendant son rapide passage aux affaires. Elles montèrent ensuite. Les dépenses militaires proprement dites suivant une progression assez lente : elles passèrent de de 6 400 000 1. en 1835 à 6 600 000 1. en 1840. Les dépenses de l'artillerie suivant une progression plus rapide : elles passèrent de 1 100 000 1. à 2 000 000 1.. Les dépenses de la marine plus vite encore : elles passèrent de 4 000 000 1. à 5 500 000 1.. C'est le prix que coûtait la politique de lord Paimerston. Or déjà les libre-échangistes se plaignaient en 1835, avant ces récentes augmentations, que les -whigs eussent dépensé trop d'argent pour accroître les forces navales anglaises ^.

Mais ce n'étaient pas seulement les charges du budget qui devenaient plus lourdes; la mauvaise situation économique du pays rendait en outre difficile la rentrée des impôts. Le Chancelier de l'Échiquier ne se trouvait plus dans l'heureuse situation où s'était trouvé lord Althorp : les prévisions de recettes chaque année largement dépassées, le ministère des finances libre en conséquence d'accorder au public les réductions d'impôts qu'il demandait. De sorte que, plus il devenait urgent de remédier au mauvais état des finances publiques, et plus on doutait qu'un ministre prudent osât se rallier à la méthode jadis préconisée par Sir Henr>' Parnell : sacrifier temporairement des ressources fiscales afin de favoriser la reprise des affaires, et par là rétablir en fin de compte l'équilibre budgétaire.

Le budget de 1836 fut le dernier où il parût possible au ministère d'opérer des réductions sensationnelles d'impôts : consofidation et réduction des droits sur le papier, diminution du droit de timbre sur les journaux, suppression du droit additionnel de 50 p. 100 dont lord Althorp avait frappé les débitants de boissons. En 1837, nulle réduction des charges fiscales. En 1838, un déficit avoué qu'il fallut combler par une émission d'Exchequer Bills. En 1839, le Chancelier de l'Échiquier se laissa imposer par le Parlement l'établissement du timbre-poste à 1 d.. Mais il apparut, l'année suivante, qu'il avait eu tort de promettre à la Chambre des Communes que, la situation commerciale s'améhorant, la situation financière allait s'améUorer aussi. Le revenu étant évalué à 46 700 000 1., on prévit, en établissant le budget de 1840, 49 400 000 1. de dépenses : soit un déficit de 2 700 0001.. Pour le combler, Baring, qui venait de remplacer Spring Rice à l'Échiquier, accrut les assessed taxes de 10 p. 100; les droits de

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