‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècle (volume 2)Chapitre 151 sur 158 · R. Cobden, Russia (Works, vol. I, p · texte numérisé non relu

R. Cobden, Russia (Works, vol. I, p

douane et d'excisé de 5 p. 100; il établit un droit nouveau de 4 d. par gallon sur tous les spiritueux. Même si tous ces impôts devaient être perçus immédiatement, il fallait encore, pour boucler le budget, demander des crédits additionnels queBaring estimait à 3950001.. Mais il s'écoulerait des mois avant que les ressources nouvelles fussent intégralement perçues: Baring demanda 850 000 1. de crédits additionnels. C'était consacrer l'abandon de tous les principes financiers invoqués par le parti libéral, quand jadis il était arrivé au pouvoir.

Battus sur la question budgétaire, les libre-échangistes portèrent le combat sur un autre terrain. Depuis que les adversaires des Corn Laws avaient ouvert leur campagne, ils s'étaient constamment heurtés à l'objection que les céréales n'étaient pas les seules marchandises qui fussent protégées par un tarif douanier contre la concurrence étrangère. Les lainages, pour se borner à un exemple qui intéressait plus particulièrement l'industrie textile, étaient frappés d'un droit beaucoup plus fort que celui dont les laines brutes étaient frappées à l'importation. Les industriels manchesteriens avaient pris en réalité la précaution de déclarer qu'ils se ralliaient à la thèse d'un libre-échange universalisé. Ils savaient que ces droits, embarrassants pour leur argumentation quand ils déclaraient la guerre aux Corn Laws, étaient inutiles pour protéger les puissantes industries anglaises. Pour l'industrie cotonnière, la question ne se posait même pas : le droit qui la protégeait ne pouvait en aucune manière être considéré comme faisant équilibre à celui, gênant et lourd, dont étaient frappés à l'entrée les cotons bruts américains, pour le bénéfice des planteurs des Antilles. Le 5 février 1839, à peine réunis à Londres, les délégués des Anii-Corn-Law meetings s'étaient une première fois clairement exprimés à ce sujet ^. Le 18 mars, après l'échec définitif de leurs pétitions, ils avaient, sur la motion de Cobden, constitué un sous-comité de cinq membres pour étudier d'urgence lessta^ tistiques douanières, voir quels étaient les droits à l'importation des produits manufacturés aussi bien que des denrées alimentaires qui présentaient le caractère de droits protecteurs, et aviser aux mesures qu'il convenait de prendre pour éclairer sur ce point l'opinion ^. Joseph Hume obéissait donc certainement aux suggestions de Y Anii-Corn-Law League, quand maintenant il demanda à la Chambre des Communes la nomination d'une commission, dont les enquêtes porteraient sur ce point même ^.

1. A. Prentice, History of Ihe Anti-Corn-Law League, vol. I, p. 108.

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