LA QUADRUPLE
ALLIANCE DE 1834 ^^ile au ministère whig, le nouveau régime français, de son côté, pendant les premières années de sa précaire existence, ne pouvait se passer de l'appui du cabinet de Londres. C'est enBelgique, où l'acceptation par la France de la candidature du prince Léopold n'avait pas levé toutes difficultés, que l'entente fut d'abord mise à l'épreuve. Une armée hollandaise étant entrée en Belgique,une armée française la refoula, et vint mettre le siège sous Anvers. Alors les plénipotentiaires, las de toujours travailler en vain à obtenir la signature d'un traité belgo-hollandais, passèrent outre à la résistance hollandaise, et réglèrent le partage des territoires par le « traité des vingtquatre articles » du 15 octobre 1831. L'Autriche, la Russie, la Prusse hésitaient à signer. La France et l'Angleterre signèrent seules. Devant cette quasi-alliance des deux nations, les trois puissances continentales capitulèrent, et ratifièrent. Le traité fut complété par une convention militaire entre la France et l'Angleterre; et l'opinion britannique permit qu'une armée française entrât à Anvers. Finalement la Hollande conclut avec la Belgique un armistice qui devait être remplacé par un traité en forme dans un délai de cinq années. La question belge était réglée.
Elle était réglée par la constitution d'un État neutre entre la France et la Hollande. A ce prix, le péril d'une guerre européenne était écarté. La France, au terme des pactes qu'elle signait avec l'Angleterre, prenait l'engagement implicite de ne pas s'agrandir vers le Rhin. Il fallait cependant que Louis-Phihppe donnât à l'intérêt français, à l'opinion parisienne, quelque compensation. L'attention de Casimir Périer et de ceux qui suivirent sa tradition se tourna du côté de la Méditerranée. Ils voulurent en faire, suivant la formule napoléonienne, « un lac français »; et les whigs jugèrent qu'il était sage de permettre ce dérivatif aux ambitions françaises.
Il devint avéré que l'occupation d'Alger allait être permanente; et la
1. A William Temple, 29 juin 1834. (Sir H. L. Bulwer, Life of Viscount Palmerston, BookX],éd. Tauchnitz, vol. II, p. 170).
2. Officiellement l'expression date de 1842, mais déjà en 1832 elle s'ébauche. Cordial union (discours de lord Palmerston, H. of C, 9 février 1832; Pari. Deb., 3rd ser., vol. X, p. 159). Good understanding (discours de lord Grey, H. of C, 27 février 1832 {Pari. Deb., 3rd ser., vol. X, pp. 727, 730). Friendly understanding (lord Grey au roi, 17 avril 1832; Correspondence of Earl Grey with William IV, vol. II, p. 360).
France, installée à Alger, rêva de constituer sur les côtes barbaresques un véritable empire colonial. Bien des Anglais s'en alarmèrent. Les sages se consolèrent par la pensée que la paix générale y gagnait. Autant de soldats français autour d'Alger, autant de soldats de moins sur le Rhin.
En Italie, l'empereur d'Autriche visait à maintenir la paix et l'ordre par l'établissement d'une sorte de confédération italienne, placée sous son patronage. Le gouvernement britannique était hostile à cette unification : Seymour à Florence et à Rome, Sir William Temple, le frère de lord Palmerston, à Naples^ eurent une attitude ouvertement hostile à l'Autriche. Mais c'est Casimir Périer qui fit le coup audacieux de répondre à l'intervention autrichienne par une contre-intervention française. L'occupation militaire d'Ancône mit en Italie le gouvernement français au premier plan : les agents de lord Palmerston eurent pour mot d'ordre de ne pas s'en offusquer.
Dans le Levant, la Grèce fut constituée en État indépendant, pourvue d'un prince allemand pour la gouverner avec le titre de roi : double victoire pour la diplomatie anglaise et pour le libéralisme occidental. Mais l'indépendance grecque ne donna pas la paix au Levant. Ce furent les deux puissances ottomanes, naguère unies contre la Grèce, qui entrèrent maintenant en guerre l'une avec l'autre. Ibrahim Pacha, fils du pacha d'Egypte Mehemet Ali, après avoir, à la tête d'une armée égyptienne de cinquante mille hommes, détruit l'armée du sultan, vint camper devant Brousse. Le sultan appela la Russie au secours ; et une flotte russe mouilla dans le Bosphore, quinze mille Russes débarquèrent à Scutari. Finalement, par l'intermédiaire d'un agent français, le sultan Mahmoud signa avec Mehemet Ali un traité qui abandonnait à celui-ci toutes les extensions de territoire qu'il demandait. Il signa d'autre part avec l'empereur de Russie le traité d'Unkiar Skelessi, qui établissait, en fait, un protectorat russe sur la Turquie, et fermait le Bosphore aux flottes anglaise et française. Que faisait cependant l'Angleterre? Alors que les Égyptiens arrivaient à Brousse et les Russes à Scutari, il n'y avait pas même d'ambassadeur anglais à Constantinople. Le résultat de cette politique d'inertie, ce fut que l'influence russe prédomina à Constantinople et l'influence française au Caire. Il sembla que, dans le Levant, l'Angleterre cessait de compter.
Au Portugal, en Espagne, l'effacement anglais n'était pas aussi complet.
1. A William Temple, 8 octobre 1833 : 1 am gîad to hear the King of Naples persévères in his conciliatory system : pray encourage it as far as you can without appearing to meddle too much in matters which do not concern us. — Cf. lettres au même du 3 décembre 1833, du 21 avril 1834, du 27 juin 1834 (Sir H. L. Bulwer, Life of Viscoant Palmerston, Book X and XI, éd. Tauchnitz, vol. II, pp. 152, 159, 172).
Mais il s'était produit, depuis les temps de la guerre péninsulaire, un étrange ' bouleversement de toutes les situations diplomatiques.
Le gouvernement portugais n'était plus le client de l'Angleterre, protégé par celle-ci contre les ambitions françaises. Il était divisé en deux factions rivales ;et c'est la même faction qui, dans le même instant, obtenait l'appui des cabinets de Londres et de Paris — la faction absolutiste avant juillet 1830, la faction libérale au cours des années qui suivirent. Dom Miguel, ayant pris, en même temps que le titre de roi, la direction du parti absolutiste, se trouva en conflit tout à la fois avec Londres et avec Paris. Il dut subir, coup sur coup, l'humiliation d'un ultimatum anglais et d'un ultimatum français, l'un et l'autre appuyés par une démonstration armée ^. La guerre civile éclata, dom Pedro étant venu du Brésil pour soutenir contre Miguel les droits de sa fille, donna Maria. II n'obtint pas l'assistance directe des cabinets de Londres et de Paris : le principe de non-intervention s'y opposait. Mais on lui permit de recruter librement les soldats dont il avait besoin. Un marin anglais, puis un autre, commanda sa flotte. Et des vétérans de la « grande guerre », ayant servi jadis sous les ordres de Masséna ou de Wellington, constituèrent une petite phalange de quinze cents hommes, noyau de l'armée de Donna Maria.
En Espagne, Ferdinand VII, cédant à l'influence de sa femme, déclara la loi salique abrogée : il déshéritait de la sorte son neveu don Carlos, chef du parti absolutiste, et assurait la succession à sa fille Isabelle, autour de laquelle gravitait le parti libéral. A peine fut-il mort que don Carlos, à la fin de 1833, provoqua une insurrection des provinces du nord. Ainsi le même problème se posait en Espagne qu'au Portugal : il fallait que les gouvernements de Paris et de Londres se missent d'accord sur les principes d'une politique commune, s'ils voulaient maintenir l'entente. Tâche diflicile dans un pays où, traditionnellement, l'influence française et l'influeuce anglaise étaient rivales. Metternich la rendit plus aisée. A Mùnchengràtz, l'empereur de Russie, l'empereur d'Autriche, et le roi de Prusse signèrent un traité ostensiblement dirigé contre les deux puissances occidentales. Celles-ci sentirent la nécessité d'une contre-démonstration.
Le chose ne se fit pas sans heurts; au moment où l'entente allait se manifester par un acte solennel, on en sentit la fragilité. Le duc de Broglie et Talleyrand proposèrent à lord Palmerston la conclusion d'un traité
L Lord Palmerston essaya d'empêcher la démonstration navale française : voir lettre à lord Granville, 10 juin 1831 (Sir H. L. Bulwer, Life of Viscount Palmerston,Boo\i. VIII, éd. Tauchnitz, vol. 11, p. 82). Mais une fois qu'elle se fut produite, il refusa de la désavouer.
général d'alliance entre la France et l'Angleterre. Lord Palmerston se déroba : il ne voulait pas engager à ce point son pays. Il avait formé un autre projet, rédigé un traité d'alliance entre l'Angleterre d'une part et d'autre part les deux gouvernements de donna Maria et d'Isabelle. Ainsi l'Angleterre cessait de transiger dans la péninsule ibérique avec la France : elle revendiquait de nouveau une sorte de protectorat exclusif sur le libéralisme hispano-portugais. C'est seulement une fois le traité conclu qu'on demanderait à la France de vouloir bien y accéder. A son tour, Talleyraud protesta. Finalement le traité, non pas général mais limité aux affaires ibériques, fut conclu sur un pied d'égalité entre quatre contractants : France, Angleterre, gouvernement d'Isabelle et gouvernement de donna Maria ^. Le traité de la « Quadruple Alliance » était donc en réalité un compromis entre les projets rivaux de deux diplomates qui commençaient à se brouiller l'un avec l'autre, une demi-défaite pour l'un aussi bien que pour l'autre. Mais tout d'abord, en avril et en mai, le traité séduisit les imaginations de ceux qui ne savaient pas ce qui s'était passé dans les coulisses ^ : riposte directe à i*tletternich, il dressait enfin, contre le bloc des monarchies absolues, le bloc des nations libérales. Lord Palmerston s'en attribua toute la gloire ^ : ce fut le premier de ses coups de théâtre diplomatiques.
1. Voir les lettres échangées, depuis le mois de décembre 1833 jusqu'au 23 avril 1S34, entre Talleyrand et le duc de Broglie, Talleyrand et le comte de Rigny, Talleyraud et Palmerston (Mémoires du Prince de Talleyrand, vol. V. pp. 269-385). Thureau- Dangin avait utilisé ces documents avant qu'ils eussent été rendus publics (Histoire de la Monarchie de Juillet, \ol. II, pp. 376 sqq.). Mais déjà l'histoire secrète du traité de la Quadruple-Alliance avait été racontée succinctement par Duvergier de Hauranne, en 1841, dans un excellent article intitulé « De l'Alliance anglo-française » (Revue des Deux-Mondes, vol. XL VII, pp. 469 sqq.).
2. Morning Cbronicle, 24 avril 1834 : The policy which has dictated the Treaty appears, as far as we know of its provisions, to be sorae réparation for the timid, busy and never euding sj^siiera of négociation and interférence which has latterly distinguished the management of our « Red Tapists » at home. — Le Times, beaucoup plus réservé, se borne à deux brèves notices, de 14 et 11 hgnes respectivement, en Lête du leader, 23 et 24 avril 1834. Il rassure ses lecteurs (23 avril) par rafïïrmation que, de toutes manières, « arnied interférence will not be resorted to ».
3. A William Temple, 21 avril 1834 : I carried it through the Cabinet by a coup de main, taking them by surprise, and not leaving them lime to make objections... 1 reckon this to be a great stroke. In the first place, it will settle Portugal, and go some way to settle Spain also. But what is of more permanent and extensive importance, it establishes a quadruple alliance among the constitutional States of the West, which will serve as a powerful counterpoise to the Holy Alliance of the East. (Sir H. L. Bulwer, Life of Viscount Palmerston, Book X. éd. Tauchnitz, vol. Il, p. 156). Au même, 12 mai 1834 : This treaty tuas a capital hit and ail my oivn doing. <ifcjV/, p. 162), et 27 juin 1834 (Ibid., p. 171).
L'Opposition conservatrice eut pour tactique, CRITIQUES tout naturellement, de se plaindre que lord Pal-
DP l 'OPPOSITION
ui:. X.KJ o merston sacrifiât à son système d'entente avec
ELLES TROUVENT ^^ France les intérêts de son pays. Les conser- PEU D'ÉCHO vateurs ne demandaient pas la guerre à la France
libérale; mais ils pensaient que c'était payer l'amitié française à trop haut prix que de se brouiller avec toutes les grandes puissances S et ne voyaient pas sans alarme les ambassadeurs de Russie, d'Autriche et de Prusse, l'un après l'autre, sous des prétextes divers, quitter la capitale anglaise, mettant pour ainsi dire lord Palmerston en quarantaine. Ils froissaient son amour-propre en le montrant une fois de plus joué par le grand homme d'État qui représentait la France à Londres. L'expulsion de dom Miguel et de don Carlos serait « le coup de main de la vie politique de Talleyrand »; les ministres anglais étaient «desmarionnettes que la volonté de cet habile diplomate faisait mouvoir à sa guise ^». La solution de l'affaire belge ne les satisfaisait pas davantage. Ils voyaient l'Angleterre renonçant à ses faibles et fidèles alliés, le Portugal et la Hollande, pour se rapprocher d'une puissance autrement importante, mais pour cette raison beaucoup moins sûre. Ils accusaient les whigs de reprendre la politique des Stuarts, et de prêter maladroitement à la France l'appui de sa flotte pour abaisser la Hollande ^. La Belgique n'était à leurs yeux qu'une province française sous un nom déguisé *. Comment ne pas s'alarmer quand ils voyaient Léopold épouser une fille de Louis-Philippe, détruire les forteresses élevées naguère sur la frontière méridionale de son royaume pour protéger l'Allemagne contre une nouvelle invasion française, et demander à Paris des officiers pour faire à la française l'instruction de ses troupes? Si les conservateurs critiquaient aussi vivement la politique suivie par l'Angleterre en Belgique, en Espagne et au Portugal, on juge quelle devait être leur inquiétude, quand ils songeaient à l'occupation permanente d'Alger, au débarquement d'Ancône, à l'effacement de la politique anglaise sur le Bosphore, aux progrès de l'influence française au Caire.
Et ce n'étaient pas seulement les hommes politiques, c'étaient aussi les
1. H. of C, 17 mars 1834 : discours de sir Robert Peel {Pari. Deb., 3rd ser., vol. XXII, p 339).
2. H. 0/ L., 6 mai 183 1 : discours de lord Londonderry {Pari. Deb., 3rd ser., vol. XXIII, p. 590).
3. H. of L.. 26 janvier 1832 : discours de lord Aberdeen (Pari. Deb., 3rd ser., vol. IX, p. 835).
4. King Leopold First was just as dépendent on the French Cabinet as any Nabob on the Ganges was on our East India Company {H. of C, 26 mars 1832, discours de Baring; Pari. Deb., 3rd ser., vol XI, p. 908).
hommes d'affaires qui s'alarmaient. Les exportations anglaises en Espagne tombaient de moitié. Le Portugal établissait un droit fixe sur toutes les importations, privant l'Angleterre de cette préférence douanière que lui avaient concédée les traités conclus au xviii® siècle. L'embargo anglais sur la Hollande paralysait pendant de longs mois tout le mouvement des ports de la côte orientale anglaise. La Belgique signait un traité de commerce avec la France. Quant à la France, c'est en vain qu'on avait espéré la voir se convertir au libre-échangisme en même temps qu'au libéralisme politique. John Bowring, le disciple et l'ami de Bentham, envoyé à Paris en mission, ne rapportait que des promesses en échange de l'abaissement des droits anglais sur l'importation des vins ^.
Il est vraisemblable que lord Palmerston se sentit touché par ces critiques. Car c'étaient, en fm de compte, les mêmes qu'il adressait, en 1829 et en 1830, à Wellington et à lord Aberdeen, ses opposants d'aujourd'hui. D'où commencement de brouille avec Louis-Philippe et Talleyrand, due en partie aux mêmes causes qui avaient provoqué, au printemps de 1830, la brouille de Wellington avec Polignac. Une chose en tous cas est certaine : l'opinion, pour l'instant, n'était pas sérieusement ébranlée. Les événements de 1830 étaient trop proches, la France et l'Angleterre étaient comme rivées l'une à l'autre. Et plus inefficaces encore étaient les protestations des libéraux avancés, qui, trouvant l'attitude de la France et de l'Angleterre trop timide en face de Metternich et de Nicolas, reprochaient à lord Palmerston d'avoir trahi en Pologne la cause de la liberté -. L'Angleterre voulait la paix. Toutes les guerres dont les Anglais ont gardé le souvenir, c'étaient des guerres avec la France. Donc, la bonne entente avec la France était une garantie de paix : l'opinion r 'en demandait pas davantagepour être satisfaite. En réalité, les chefs de l'Opposition conservatrice se rendaient compte de cet état de l'opinion. C'est à la Chambre des Lords seulement que la politique extérieure était l'objet de débats sérieux, provoqués soit par lord Aberdeen soit par lord London-
1. Sur les relations économiques de la France et de l'Angleterre, voir First Report on the Commercial Relations between France and Great Britain.... By George Villiers and John Bowring. With a supplementary report, by John Bowring, 1834. Le premier rapport est daté du 26 novembre 1832; — Et : Second Report on the Commercial Relations between France and Great Britain. Silks and Wine. By John Bowring, 1835 [24 janvier 1834\
2. To the Congress of London the international law of Europe is indebted for a new principle, that of non-intervention; a principle which keeps oppressed subjects apart because the Holy AUiance is no longer strong enough to keep the oppressors together (Westm. Rev., octobre 1831, art. viii. France and her Révolution; vol. XV, p. 430). ■ — Cf. Ibid., janvier 1831, art. xvii. European Révolution (vol. XIV, p. 249) : What would be the conséquence in common life, if the principle of non-interference was acknowledged and acted on; — if there might be a Holy Alliance of thieves, but onlj' a Non- Interference Society of honest men?
derry. C'est la Chambre des Lords qui, au mois de juin 1833, prenaiL l'initiative audacieuse de faire appel au roi pour obtenir que le gouvernement anglais restât sincèrement neutre entre les partis qui se battaient au PortugaP.A la Chambre des Communes, c'est tout juste si de loin en loin quelques observations isolées portaient sur les questions diplomatiques : rarement une discussion générale, rarement une intervention de Peel ou d'un autre orateur de marque. Peel savait qu'il serait d'une mauvaise tactique de porter sur ce terrain l'effort de son opposition. Car le pays, pourvu que la paix se maintînt, était indifférent aux problèmes de la politique extérieure. Son attention était ailleurs -. EDe était accaparée par le foisonnement des problèmes de la politique intérieure.
Un des premiers problèmes qui furent abordés L'ÉMANCIPATION ^^ Parlement réformé, — problème de poli-