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vernement des Indes, selon le système institué sous George III. Mais elle perdit le monopole du trafic et de la navigation avec la Chine ^. On constatait qu'en Angleterre, pendant les trente premières années du siècle, alors que la population avait augmenté des deux tiers, la consommation du thé avait augmenté seulement d'un douzième. Or, si le relèvement des droits sur le thé rendait compte en partie de ce médiocre accroissement de la consommation ^, le monopole de la Compagnie des Indes y contribuait aussi. Sur la nécessité de mettre fm à ce monopole, tout le monde se trouvait d'accord : avant l'arrivée des wliigs au pouvoir, le duc de Welhngton avait mis la question à l'étude. Bien que le nouveau régime fût de nature à compromettre d'une manière immédiate tout le commerce qui s'était concentré dans le port de Londres autour des bureaux de la Compagnie des Indes, les représentants de VEast End eux-mêmes l'appuyèrent de leurs votes ^ En fait, elle fut votée presque sans discussion, devant des salles vides ^; à peine si les comptes rendus parlementaires signalent les débats.
Mais pour le privilège de la Banque, ce fut une autre affaire. Il aurait fallu, si on avait voulu rester fidèle à la doctrine de Ricardo, compléter la loi de 1819, rétabUssant le paiement en espèces, par une seconde loi, abolissant le privilège. Une Banque d'État, ayant pour unique fonction l'émission de papier-monnaie, suffirait à remplir toutes les fonctions utiles qui incombaient actuellement à la Banque d'Angleterre : pourquoi déléguer cette fonction à une banque de dépôt, dont les intérêts financiers pouvaient se trouver en contradiction avec les intérêts de l'État ^? Seulement, la Banque était une institution puissante, avec laquelle l'administration des finances et le monde des affaires avaient depuis de longues années pris l'habitude de traiter. L'honorabihté, la compétence de ceux qui la dirigeaient étaient reconnues par tout le monde, même par les critiques du privilège. Le souvenir de la crise de 1825 s'effaçait; et, le danger se trouvant momentanément écarté, la nécessité d'un remède paraissait moins urgente. Enfin le temps pressait, et il semblait impossible de trancher cette grosse question au cours des quelques mois disponibles avant l'expiration du privilège. Un comité secret d'enquête siégea en 1832 sous la présidence du Chancelier de l'Échiquier; mais celui-ci, en 1833, décida de couper court aux travaux du comité, et, après de rapides négociations,